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Plan d’économies d’Areva: Un rapprochement capitalistique avec EDF est évoqué

Plan d’économies d’Areva: Un rapprochement capitalistique avec EDF est évoqué

Des économies d’un milliard d’euros jusqu’en 2017… Le spécialiste français du nucléaire Areva a annoncé ce mercredi matin ce plan d’ampleur pour redresser la barre. Car ses comptes sont dans le rouge vif: le groupe a confirmé ce mercredi une perte nette de 4,834 milliards d’euros pour 2014. Un record et un montant bien supérieur à sa valeur en bourse (3,7 milliards).

Pour se redresser, Areva n’exclut pas de recourir à des réductions d’effectifs. «Nous ferons tout pour que, s’il doit y avoir des départs, ils se fassent sur la base du volontariat», a déclaré le directeur général du groupe Philippe Knoche lors d’une conférence de presse.

Le groupe prévoit d’engager «à partir de la fin du mois de mars» une phase de concertation avec les organisations syndicales sur «un projet d’accord-cadre» relatif à «l’emploi, aux rémunérations et au temps de travail», indique-t-il dans un communiqué.

Il n’y aura «pas de carnage social»

Le ministre du Travail, François Rebsamen a assuré sur France Inter que le gouvernement suivait «de près» le dossier et qu’à ce stade aucune suppression de poste n’avait été évoquée, notamment lors d’une rencontre lundi avec le président du conseil d’administration d’Areva, Philippe Varin en présence du ministre de l’Economie Emmanuel Macron.

«S’il y avait des suppressions de postes, cela se ferait bien sûr sans licenciements», a-t-il affirmé. Macron avait aussi assuré mardi soir qu’il n’y aurait «en aucun cas de carnage social» chez Areva. Areva a un besoin urgent de se renflouer mais n’annoncera un plan de financement 2015-2017 que d’ici à la publication de ses résultats semestriels le 30 juillet.

Le groupe a cependant déjà annoncé une nette réduction des investissements qui seront ramenés à moins de 3 milliards d’euros d’ici 2017, contre 4,6 milliards entre 2012 et 2014, et un programme de cessions d’actifs supérieur aux 450 millions d’euros annoncés en octobre dernier.

Le groupe annonce aussi «la levée de financements bancaires au niveau des actifs industriels» et «des partenariats comportant un volet financier». Un rapprochement capitalistique avec EDF, qui pourrait prendre une participation dans le groupe ou dans certains actifs, n’est pas exclue, mais des discussions sur ce point n’interviendront que «dans un second temps», a affirmé Philippe Knoche.

Vers un rapprochement EDF-Areva

La «refonte» du partenariat entre l’électricien et le spécialiste du nucléaire qu’annonce Areva pourrait aller «jusqu’à un rapprochement, y compris capitalistique», a également affirmé Macron dans un entretien au Figaro paru mercredi. Dans un premier temps, ce rapprochement passe par l’achèvement des projets en cours (EPR de Flamanville, EPR d’Hinkley Point au Royaume-Uni), l’optimisation de la gamme de réacteurs développée par les deux groupes français et le «défi de la compétitivité», selon Areva.

Une recapitalisation publique est à l’inverse «prématurée» a indiqué Emmanuel Macron. Areva doit ses résultats catastrophiques aux difficultés (retards et surcoûts) engendrées sur les projets d’EPR Olkiluoto 3 en Finlande, et de Flamanville en France, au fiasco financier de l’acquisition d’Uramin en 2007, à la morosité du secteur nucléaire depuis l’accident de Fukushima en 2011 et aux pertes dans ses activités dans les énergies renouvelables.

A l’avenir, le groupe entend se recentrer sur «le coeur des procédés nucléaires» et faire de son développement en Chine une priorité.

AFP/20minutes.fr

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