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Plan social : Renault Trucks veut supprimer 591 postes

Plan social : Renault Trucks veut supprimer 591 postes

“L’essentiel des postes supprimés se situerait dans les services administratifs de l’organisation commerciale” dans le Rhône, a précisé le groupe.

La purge n’est pas finie chez Renault Trucks : son propriétaire, le géant suédois des poids-lourds Volvo, veut supprimer plus de 500 nouveaux postes, après une coupe similaire en 2014, afin de réduire encore ses coûts au niveau mondial. Ce deuxième plan social en un an, qui passe d’autant plus mal auprès du personnel et des syndicats que les finances de Volvo s’améliorent, a été annoncé mardi à l’issue d’une réunion extraordinaire du Comité central d’entreprise (CCE) près de Lyon où la société a son siège. “Ça fait beaucoup pour une entreprise qui allait très bien il y a quelques années (…) On ne sait pas trop comment on en est arrivé là et on ne sait pas trop ce qu’on va devenir”, a réagi Pauline Horla, employée du service export, à l’issue de la réunion.

Le projet prévoit la suppression de 591 postes et la création de 79 autres, soit une perte nette de 512 emplois, principalement dans les services administratifs de l’organisation commerciale de Renault Trucks à Saint-Priest et Vénissieux. En mars 2014, le groupe avait déjà annoncé 508 suppressions d’emploi en France, dont 319 dans l’agglomération lyonnaise, sans licenciement sec au final.

Volvo, numéro deux mondial du secteur, a déjà réduit ses effectifs de quelque 3 000 personnes en un an. Sa situation financière s’est redressée après des années difficiles en 2012 et 2013 et son bénéfice net a presque quadruplé au premier trimestre à 457 millions d’euros, avec des ventes en hausse de 14 % – + 35 % pour celles du seul Renault Trucks.

Le groupe aux 104 000 salariés avait fait savoir à l’automne qu’il souhaitait restructurer une partie de son organisation, dans le cadre d’une stratégie d’amélioration de son efficacité et de sa rentabilité entre 2013 et 2015. Les mesures annoncées mardi en font partie: selon les syndicats, Volvo cherche à économiser encore 350 millions d’euros dans le monde.

“Un pur plan financier”

“Ce projet, qui ne touche pas les forces de vente, prévoit le maintien de tous les sites de fabrication de camions, et de leurs composants, en France, et n’affecterait pas les postes d’agents de production”, indique la direction en soulignant qu’il serait “mis en oeuvre avec la volonté de limiter autant que possible le nombre de départs contraints”. “Le marché français est le deuxième en importance pour le groupe Volvo qui y a fortement investi” depuis le rachat des activités poids-lourds de Renault en 2001, ajoute-t-elle.

Mais les syndicats redoutent des licenciements et dénoncent, à l’instar de la CFDT, “un pur plan financier par sa violence et son ampleur, qui ne représente que des économies à court terme”. “On a fait beaucoup de réorganisation l’année dernière et ces dernières années. On pensait que le groupe laisserait à l’entreprise et notamment au secteur commercial le temps de remonter grâce à un nouveau véhicule qui est une vraie réussite. Il est dommage qu’on fonctionne sous la pression des actionnaires hedge funds et des fonds de pension”, déplore Bernard Fauche, délégué central CFDT.

Il y a un an, la CGT avait calculé que de 2001 à 2013, sur près de 11 milliards d’euros de bénéfices, 83 % avaient été distribués aux actionnaires de Volvo sous forme de dividendes. “Il y a beaucoup d’amertume, beaucoup de salariés déçus, en colère, qui ne comprennent pas pourquoi aujourd’hui on leur dit : vous avez bien bossé mais votre job il n’existe plus, ou alors il faut aller en Suède ou à Istanbul”, explique Eric Freyburger, secrétaire CFE-CGC du CCE.

Une nouvelle réunion direction-syndicats est prévue du 11 au 13 mai. Renault Trucks SAS emploie 8 900 personnes en France, les effectifs français de Volvo s’élevant au total à 12 000 salariés. Les sites de l’agglomération lyonnaise comptent 5 400 employés.

AFP/lepoint.fr

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