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Platini se lance à la conquête de la Fifa

Platini se lance à la conquête de la Fifa

Le président de l’UEFA a annoncé ce mercredi sa candidature à la tête de la fédération internationale du football. Le Français brigue la succession de Sepp Blatter, emporté par les scandales de corruption secouant l’organisation.

A 60 ans – il les a fêtés en juin –, Michel Platini s’offre donc un nouveau grand défi : après avoir marqué de son empreinte l’histoire du football, dirigé l’équipe de France, coorganisé le Mondial de 1998, et présidé – depuis 2007 – l’Union européenne de football (UEFA), cet intuitif au caractère trempé se lance désormais à la conquête de la présidence de la Fifa. L’ancien leader des Bleus, qui est déjà l’un des vice-présidents de la fédération internationale de football en tant que patron de l’UEFA, a officialisé sa candidature ce mercredi. « Cela a été une décision très personnelle, et mûrement réfléchie », a-t-il indiqué dans un communiqué, ajoutant vouloir œuvrer pour « les intérêts du football » et rendre à la Fifa, minée par les affaires , « sa dignité et la position qu’elle mérite ».

Si la décision de Michel Platini, attendue depuis quelques jours, résulte de la démission le 2 juin de Joseph Blatter , la crise sans précédent que la Fifa traverse n’explique pas tout. Il va aussi à l’assaut de cette citadelle vacillante parce qu’il est en capacité de la prendre lors de son congrès électif extraordinaire du 26 février. Son engagement témoigne aussi, en creux, de sa sérénité à propos de l’affaire dans les affaires : l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Un contexte favorable

La démission de Joseph Blatter a clairement changé la donne pour « Platoche ». Bien que fortement sollicité, Michel Platini avait en effet refusé de l’affronter lors de la dernière élection à la présidence de la Fifa, tout en s’opposant à sa reconduction pour un cinquième mandat. Très attaché à l’UEFA, dont il est un « heureux » président, l’ancien meneur de jeu de l’équipe de France se savait aussi trop faible pour renverser celui qui apparaissait encore à la fin mai comme l’indéboulonnable patron du foot mondial. Le 29 mai, Joseph Blatter, dont Michel Platini a été longtemps proche, était d’ailleurs confortablement réélu alors même que les justices américaine et suisse avaient déjà commencé à mettre à nu un système de corruption généralisée autour de l’attribution de la Coupe du monde. Les cartes étaient rebattues dès le 2 juin avec sa démission.
De nombreux soutiens

Avant même sa déclaration de candidature, Michel Platini apparaissait déjà comme un très sérieux prétendant voire le favori pour prendre les rênes de la Fifa. Le 20 juillet, le responsable du service de presse de l’UEFA, a ainsi déclaré qu’il avait reçu le soutien de quatre des six confédérations de la Fifa – européenne, asiatique, sud-américaine, nord-américaine et Caraïbes –, soit, sur le papier, 145 voix sur 209 (la Fifa réunit 209 associations nationales, chacune d’entre elles ayant une voix). Manquaient alors à l’appel les confédérations de l’Afrique (54 associations) et de l’Océanie (11), soutiens indéfectibles de Joseph Blatter. « Michel Platini a été très touché du chaleureux soutien qu’il a reçu. Des hommes influents du football mondial lui ont demandé de se présenter. Cela compte pour lui », avait souligné le responsable du service de presse de l’UEFA.

En se déclarant rapidement, Michel Platini pourrait de surcroît désamorcer d’éventuelles candidatures. Le prince Ali de Jordanie , que l’UEFA avait soutenu lors de la dernière élection – il avait réalisé un score honorable et s’était retiré avant le deuxième tour –, avait notamment indiqué qu’il était « disponible ». Ce dernier a violemment réagi à l’annonce de la candidature du Français. « Platini n’est pas bon pour la Fifa. Les fans de foot et les joueurs méritent mieux. La Fifa est empêtrée dans le scandale (…) La culture des arrangements en coulisses, en sous-main, doit prendre fin » a-t-il dénoncé dans un communiqué publié moins d’une heure après l’annonce de la candidature de l’ex-capitaine des Bleus.

Dépôt des candidatures clôt le 26 octobre

Le Sud-Coréen Chung Mong-Joon, ancien vice-président de la Fifa et critique de longue date du président Blatter, est un autre potentiel client sérieux. Début juin, ce milliardaire, membre de la famille propriétaire du groupe Hyundai, avait annoncé réfléchir à une candidature. Par ailleurs, l’officialisation de celle de Michel Platini pourrait signifier un accord au préalable avec une personnalité que l’on dit très influente : le cheikh koweitien Ahmad Al-Fahad Al-Sabah, membre – depuis avril 2015 – du comité exécutif de la FIFA, mais aussi du CIO.

Le dépôt des candidatures à la présidence de la Fifa sera clos le 26 octobre. A ce jour, seul le Brésilien Zico a manifesté son intention de déclarer la sienne. L’ancien milieu de terrain de la Seleçào a toutefois besoin de parrainage. Il a d’ailleurs appelé mardi la Confédération brésilienne de football à lui apporter un soutien officiel.

Christophe Palierse
lesechos.fr

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