Accueil / Bourse / Polémique en Afrique du Sud à propos des investissements appartenant aux Noirs sur le JSE

Polémique en Afrique du Sud à propos des investissements appartenant aux Noirs sur le JSE

Polémique en Afrique du Sud à propos des investissements appartenant aux Noirs sur le JSE

La part d’investissement et d’actifs effectivement détenue par les Noirs sur le Johannesburg Stock Exchange, est actuellement au centre d’une controverse entre le président Jacob Zuma et les dirigeants du JSE. Chaque année, l’administration de cette bourse sort un rapport, présentant entre autre les niveaux de participation.

Pour 2014, il a été indiqué, que le volume des actifs appartenant aux Noirs, pesait 23%, pris sur la base des 100 premières capitalisations du pays. Une participation qui selon le rapport publié début 2015, est constituée d’une part de 10% d’investissements gérés dans le cadre de la politique de renforcement des capacités économiques des Noirs (Black Economic Empowerment), et de 13% investis à travers des fonds de pension.

Seulement, dans son discours sur l’Etat du pays, le président Jacob Zuma, a expliqué, répondant à une question de parlementaire, que la participation noire au sein du JSE était de seulement 3%. Une déclaration qui a fait dire au syndicat Solidarity, que le président sud-africain alimentait des tensions raciales. « Lorsqu’il avance comme cela le chiffre de 3%, cela laisse croire que les Sud-Africains blancs contrôle 97% des actifs du marché financier, ce qui n’est pas vrai », a fait savoir un membre de ce syndicat.

Pourtant, les chiffres du Johannesburg Stock Exchange s’appuient sur des travaux effectués en toute indépendance, par un cabinet dénommé Alternative Prosperity, qui conseille l’administration du marché financier sud-africain sur la mise en place du BEE. Le président Zuma quant à lui, dit s’appuyer sur les travaux effectués par une organisation dénommée Who owns Whom?, littéralement, qui détient quoi

Le débat a pris une tournure divisant presque les Noirs et les Blancs. Dans certains forums, des commentateurs font savoir qu’un accroissement pertinent de la participation des Noirs sur le Johannesburg Stock Exchange, aurait pu passer, par le fait pour eux, d’investir totalement dans une entreprise et de l’introduire en bourse, ou alors de racheter pièce par pièce une entreprise cotée jusqu’à en détenir la totalité des parts. « Pourquoi veulent-ils racheter des entreprises qu’ils n’ont pas construites ? », s’interroge l’un un deux dans la discussion.

Au final pourtant, il apparait que les deux thèses s’opposent sur la méthode de calcul, un jeu très subtile, mais qui au final, fait toute la différence. Le Johannesburg Stock Exchange agrège tous les investisseurs noirs, qu’ils soient directement actionnaires ou indirectement à travers des véhicules d’investissement. Or pour le président Zuma, il faut exclure, parmi ces données, les situations où les investissements des Noirs n’atteignent pas 10% du capital d’une entreprise, ainsi que celles qui ne leur donnent pas un droit de vote direct.

Idriss Linge
agenceecofin.com

Aller en haut