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Pour une stratégie nationale de partenariat économique avec l’Afrique subsaharienne, contraintes, enjeux, défis…

Pour une stratégie nationale de partenariat économique avec l’Afrique subsaharienne, contraintes, enjeux, défis…

“Pour une stratégie nationale de partenariat économique avec l’Afrique subsaharienne, contraintes, enjeux, défis et perspectives (Partie III)”

 

POINT DE LA SITUATION
Sur le plan économique :
Tout le monde s’accorde à dire que le 21ème siècle est et sera celui de l’Afrique. La population africaine, qui avoisine actuellement les 1,1 milliard d’habitants, est censée doubler à l’horizon de 2040. Le taux d’urbanisation dépasse 40%, la taille de la classe moyenne est en forte augmentation, d’où des besoins grandissants en produits d’équipement, de consommation et en services. Parmi les dix plus grandes croissances mondiales, sept sont africaines, notamment anglophones, comme l’Ouganda, le Ghana, la Guinée, le Rwanda, le Kenya et la Tanzanie. Donc, le marché africain est à forte demande et en nette croissance.
Un seul chiffre édifiant pour résumer la défaillance : Les échanges commerciaux tunisiens avec les pays africains dépassent légèrement les 2%, cette moyenne n’ayant pas évolué depuis belle lurette. Une part sans commune mesure avec le potentiel tunisien et l’offre africaine. Une révélatrice parallèle est à dresser : Pendant que le Maroc réalise 7 milliards de dollars d’exportation sur le marché africain noir, la Tunisie s’en contente de 0,4 milliard de dollars, soit presque 18 fois moins.
Pour rester dans l’exemple du Maroc, il est important de signaler qu’environ 10% de son volume global d’exportations est réalisé en Afrique, étant précise que ce pays frère table sur un taux de 20% à l’orée de l’année 2018. En outre, plus de 60% (autour des 400 millions de dollars) de son enveloppe d’IED (Investissements Etrangers Directs) sont effectués en Afrique Subsaharienne. Par conséquent, sur aucun plan, la Tunisie ne soutient la comparaison avec le Maroc, qui pourtant, il y a quelque temps seulement, s’inspirait de l’expérience de la Tunisie, voire même en reproduisait le modèle. Maintenant, Rabat a une nette longueur d’avance sur Tunis.
L’investisseur marocain, d’abord, se déplace, en vol direct, sur sa compagnie aérienne nationale aux principaux centres d’affaires africains et aux capitales au grand potentiel économique, commercial et financier, ensuite, il bénéficie de l’assistance et de l’encadrement de son ambassade, et enfin, il est pris en main par une banque marocaine ou sa filiale pour mieux l’ accompagner dans son investissement.
Par contre, l’homme d’affaire tunisien passe la journée entre deux avions pour atterrir enfin, lessivé et brumeux, à son point de chute, ne trouve aucun support diplomatique pour lui faciliter la tâche et lui baliser le terrain, ni une banque tunisienne pour optimiser son investissement et l’appuyer dans son montage financier.Par conséquent, les hommes d’affaires tunisiens sont handicapés, livrés à eux-mêmes et pratiquement incapables de soutenir la concurrence. Dans ces conditions, contraignantes sinon dissuasives, la réussite de quelques hommes d’affaires tunisiens, sur le marché africain, traduit à la fois une farouche volonté de résilience et une grande capacité d’adaptation si elle ne relève tout simplement pas du miracle.
Il est à déplorer que, dans lesecteur privé tunisien, une partie du moins, une acception toute folklorique de l’Afrique garde la peau dure. Cette frange d’hommes d’affaires tunisiens n’opère pas en partenaire, dans une logique de moyen et long terme, mais cherche uniquement à tirer un coup, s’en mettre plein les poches et ficher le camp. Juste le profit à court terme. Cette race d’opérateurs se garde de courir le moindre risque, en quête uniquement de marchés garantis et d’affaires immédiatement rentables. Ils ne conçoivent le continent noir que comme un espace beaucoup plus de gain rapide que de partenariat à terme, opérant plutôt par à-coup, selon l’opportunité du moment et le hasard des rencontres.
Ces hommes d’affaires, manquant d’audace et de stratégie, n’œuvrent pas à s’implanter ou à investir en Afrique, mais à rentabiliser des affaires à l’emporte-pièce, quitte à employer des méthodes frauduleuses ou à tricher sur les normes ou les critères ou les délais. Un coup et rien qu’un coup ! C’est le réflexe de « one shot » qui prévaut. Et les exemples sont légion. Cette approche pour le moins individualiste et purement mercantile entache la réputation de la communauté tunisienne d’affaires et ajoute une couche d’écueils sur un chemin déjà bien épineux, pour les opérateurs tunisiens sérieux et crédibles, en quête d’une présence économique durable en Afrique.
La compagnie nationale « Tunisair » ne dessert qu’uniquement quatre (04) villes africaines, autres qu’arabes, (Abidjan, Bamako, Dakar, Ouagadougou), alors que le Maroc (21 destinations) et l’Egypte (18 destinations) nous dépasse de loin. L’Algérie (05 destinations) reste pratiquement dans la même moyenne que la Tunisie.
L’accès au financement reste le principal handicap auquel font face les entreprises tunisiennes dont la volonté de pénétrer le marché africain et d’investir dans les secteurs porteurs est contrariée par les contraintes de financement.
L’implantation bancaire tunisienne bat de l’aile, soit absente soit réduite à sa plus simple expression. Alors qu’à titre illustratif, les trois premières banques marocaines (Attijariwafa Bank, la BMCE Bank et La Banque Centrale Populaire), profitant à bon escient de la stratégie d’ouverture et d’intégration mise sur pied par le pouvoir marocain, ont largement investi en Afrique, multipliant les filiales, constituant de larges réseaux. Elles réalisent, à travers leurs succursales en en Afrique, une part significative et non moins croissante, de leur résultat net. Attijariwafa Bank s’appuie sur onze (11) établissements bancaires, la Banque Centrale Populaire en compte dix (10). Quant à BMCE Bank, elle est présente dans vingt (20) pays africains, à travers sa principale filiale Bank of Africa dont elle détient 68% des parts.

tunisienumerique.com

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