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Pourquoi Daesh ne peut pas bouleverser l’économie mondiale

Pourquoi Daesh ne peut pas bouleverser l’économie mondiale

Le discours martelé par les politiques relève-t-il de la méthode Coué ? Non, répond le “Financial Times”, qui se fonde sur des éléments objectifs.

Malgré le très lourd bilan humain des attentats de vendredi (129 morts et plus de 350 blessés à l’heure où sont écrites ces lignes) et en dépit de l’effet psychologique dévastateur que les attentats du vendredi 13 ont pu avoir sur l’opinion, le discours qui prévaut dans la presse européenne est loin d’être défaitiste. « Nos économies sont trop solides pour qu’ISIS [acronyme anglais de l'organisation État islamique, NDLR] les détruisent », écrit ainsi John Gapper dans les pages du Financial Times, mercredi 18 novembre.

Le quotidien britannique souligne que l’attaque du 11 septembre 2001 a finalement eu peu de conséquences de long terme après l’impact initial. Le poids économique des attentats spectaculaires, fomentés à New York à l’instigation d’Oussama Ben Laden et sous la bannière d’Al-Qaïda, a beau être estimé à 90 milliards de dollars, « les crises financières de 2008 et le tremblement de terre au Japon de 2011 ont davantage perturbé l’économie mondiale », insiste l’éditorialiste du FT.

Un impact faible sur l’économie

Parce qu’il vit outre-Manche et que l’éloignement lui permet de porter une analyse froide sur la situation que nous venons de traverser, John Gapper se permet d’affirmer que l’impact des attentats de Paris sera moindre que celui d’une explosion accidentelle survenue, en mars 2012, dans une usine de produits chimiques du groupe Evonik en Allemagne. Au cours de cet incident, deux personnes avaient perdu la vie. « Les pertes humaines sont plus importantes à Paris, mais, financièrement, leurs implications seront plus faibles qu’en Allemagne », explique-t-il, relevant que l’arrêt de cette usine de production de « résine synthétique » avait profondément perturbé la chaîne de production automobile dans le monde entier.

Cette analyse de « comptable » pourra choquer à l’heure où les victimes des actes terroristes ne sont pas encore mises en terre, et où le deuil des familles n’est pas achevé. Il reprend en réalité l’analyse déjà portée par Todd Sandler, professeur d’économie de l’université du Texas : « Ils [les terroristes, NDLR] peuvent nous faire peur, mais leurs actions n’auront pas beaucoup d’effets économiques », affirme-t-il. Une analyse partagée par Yossi Sheffi, enseignant au Massachusetts Institute of Technology, qui déclare que « les sociétés peuvent souffrir de ces attaques, mais nos industries sont beaucoup plus robustes ».

On serait néanmoins tenté de répliquer à ces très compétents analystes économiques que les conséquences des attentats ne peuvent être réduites à leur simple impact financier. Sur le plan politique et social, il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions.

Baudouin Eschapasse
lepoint.fr

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