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Pourquoi Kraft-Heinz a renoncé à s’offrir Unilever en moins de 48 heures

Pourquoi Kraft-Heinz a renoncé à s’offrir Unilever en moins de 48 heures

L’hostilité du gouvernement britannique a fait peur au groupe américain, qui était pourtant prêt à relever son offre et à conserver le nom d’Unilever.

Les annonces successives ont fait l’effet de deux coups de tonnerre. A peine 48 heures après avoir confirmé l’existence d’une offre à 143 milliards de dollars pour reprendre l’anglo-néerlandais Unilever, l’américain Kraft-Heinz a jeté l’éponge . Les deux groupes, qui disent avoir « beaucoup de respect l’un pour l’autre », ont affirmé, dans un communiqué commun dimanche, que Kraft Heinz avait « amicalement accepté de retirer son offre ».

Rendue publique vendredi, celle-ci aurait donné naissance au numéro deux mondial de l’agro-alimentaire, derrière Nestlé, avec des marques comme le ketchup Heinz ou les glaces Magnum, mais aussi le savon Dove, ou les lessives Skip. Mais l’offre, pilotée par le tandem de milliardaires Warren Buffet – Jorge Lemann, qui contrôlent près de 50% du capital de Kraft Heinz via leurs entités respectives (Berkshire Hathaway et le fonds 3G), s’est heurtée à l’hostilité ferme et affichée d’Unilever.

Lundi matin, le titre Unilever perdait plus de 7% à l’ouverture de la Bourse.

L’offre faisait figure de test

Kraft Heinz s’est toutefois fendu d’un second communiqué, soulignant que son « intérêt avait été rendu public à un stade très précoce ». Selon des sources citées par le « Financial Times », l es deux financiers à la manoeuvre auraient été effrayés par la réaction des responsables politiques britanniques dans le weekend. Dès les premières fuites, la Première ministre Theresa May a demandé à son gouvernement de se pencher sur le projet d’opération, afin de savoir si ce qui aurait constitué le plus important rachat d’une entreprise basée au Royaume-Uni pourrait avoir des conséquences pour l’économie britannique dans son ensemble et, éventuellement, justifier une intervention de l’Etat.

Dans le sillage du Brexit, l’offre faisait figure de test pour le gouvernement, et pour Theresa May en particulier. L’an dernier, celle-ci avait critiqué le rachat du fabricant de chocolat Cadbury par Kraft en 2010, accusant le groupe américain de n’avoir pas respecté sa promesse de maintenir ouverte une usine dans le sud-ouest de l’Angleterre. Elle avait alors affirmé que le gouvernement ne devait pas automatiquement empêcher le rachat de sociétés britanniques par des entreprises étrangères, tout en disant qu’il devait intervenir pour défendre des secteurs importants.

Dans le weekend, les deux entreprises auraient initié des discussions avec Londres. « Kraft était prêt à faire beaucoup de concessions, y compris à conserver le nom Unilever, mais les fuites ont rendu impossible toute négociation », affirme une source citée par le quotidien britannique, qui souligne que Kraft était même disposé à « relever sensiblement » le prix proposé.

Elsa Conesa
lesechos

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