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Pourquoi le Rafale, se vend désormais comme des petits pains?

Pourquoi le Rafale,  se vend désormais comme des petits pains?

Pourquoi le Rafale, ancien avion maudit, se vend désormais comme des petits pains (ou presque)?

 

VENTE D’ARMES Les interventions françaises à l’étranger et le travail de son ministre de la Défense ont fait de la publicité à l’avion de Dassault…
François Hollande est-il le meilleur superviseur de ventes d’armes de France ? Sous le mandat de l’actuel président de la République, l’avion de combat tricolore Rafale, construit par Dassault Aviation, a enfin trouvé des acheteurs. Après 24 unités vendues en février 2015 à l’Egypte, 24 autres annoncées pour le Qatar en mai de la même année, 36 avions négociés avec l’Inde contre huit milliards d’euros. Ce dernier contrat signé ce vendredi à New Delhi par les ministres de la Défense français et indien devrait enterrer définitivement le running gag de l’avion qui ne se vend pas.
En réalité, le Rafale et ses 84 promesses d’achat sont encore loin du chasseur F-16 américain, commandé 4.500 fois depuis son lancement en 1978. Mais la diplomatie française a su inverser la tendance et vendre un appareil qui a longtemps souffert (à tort) d’une mauvaise réputation.

Un avion performant par sa polyvalence
Sorti des usines de Dassault en 1998, le Rafale est considéré comme une référence en matière d’avion de chasse polyvalent. Pas aussi puissant que les appareils russes, moins furtif que les chasseurs américains, il est en revanche « capable de remplir toutes les missions auparavant dévolues à plusieurs avions : défense aérienne, reconnaissance, attaque de précision air-sol et air-mer, missions nucléaires », comme l’expliquait-il y a un an Le Figaro, propriété de Serge Dassault, jamais mieux servi que par lui-même.
Mais le quotidien n’enjolive pas, le Rafale n’a effectivement pas à rougir devant la concurrence, qui a pu à l’occasion décrocher des contrats avant tout par stratégie diplomatique. Toujours dans Le Figaro, ce vendredi, le PDG de Dassault Aviation livre selon lui l’un des facteurs qui ont permis la commande de l’Inde : « Il faut que l’avion soit bon. Nous, nous ne sommes pas Américains, nous devons vendre un bon avion… »
L’opération Serval au Mali, démonstration grandeur nature
« L’avion n’était pas encore éprouvé au combat – c’est le cas aujourd’hui -, ses capacités étaient encore limitées en termes notamment de missiles et de radars, et les Américains proposaient des avions, certes en fin de vie, mais éprouvés au combat et à des coûts inférieurs au Rafale. La concurrence était alors trop forte », rappelle le directeur adjoint de l’Iris Jean-Pierre Maulny, spécialiste des questions de défense, sur le site de l’institut.
Les opérations extérieures françaises ont permis de montrer les qualités opérationnelles de l’appareil. Depuis 2007, le Rafale a été utilisé par l’armée française en Afghanistan et en Libye d’abord, mais surtout au Mali, avant la Centrafrique et l’Irak (dans le cadre de l’engagement français dans la coalition internationale contre Daesh).

De janvier 2013 à juillet 2014, l’opération Serval au Mali a servi de déclencheur pour convaincre les sceptiques. « Certains avaient des doutes quant à la résistance des moteurs des Rafale aux températures élevées. Le Qatar, notamment », xpliquait le spécialiste de l’aéronautique Thierry Vigoureux à 20 Minutes lorsque l’Inde a promis l’achat de 36 modèles.

Jean-Yves Le Drian, super VRP
« Il faut un ministre ouvrier. Il doit s’impliquer dans la relation stratégique, s’investir pour nouer une relation de confiance et l’entretenir. Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, l’a fait et bien fait », décrit Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, dans Le Figaro de ce vendredi. Car plus que François Hollande, c’est le « ministre ouvrier » de la Défense Jean-Yves Le Drian qui est le premier à créditer pour la signature de ces contrats avec l’Egypte, le Qatar et l’Inde.
Entre 2013 et 2015, celui qui est apprécié des militaires autant que des industriels a porté à des sommets les exportations françaises d’armements (16,9 milliards d’euros l’an dernier, soit le double de l’année précédente). « Merci, Monsieur Le Drian », dit sans complexe Serge Dassault. Avec ses interlocuteurs, « il discute enjeux régionaux, partenariats stratégiques mais ne se montre jamais insistant en affaires », résume un militaire qui l’a côtoyé.
« La France a, ces cinq dernières années, enfin réussi à organiser son système de soutien et de promotion à l’exportation. Cela restera notamment au crédit du ministre de la Défense Jean-Yves le Drian », écrit Jean-Pierre Maulny. Il faudra « labelliser » sa méthode, a renchéri le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier. « On ne peut pas vendre ce genre de matériel s’il n’y a pas de confiance entre deux pays. En revanche il nous a laissé le volet industriel et n’est jamais venu nous dire “le Rafale est trop cher”. Ça change ! », s’est-il félicité

O. P.-V. / 20minutes.fr

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