mercredi 26 juin 2019
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Pourquoi les banques françaises misent sur le virement instantané entre particuliers

Pourquoi les banques françaises misent sur le virement instantané entre particuliers

En passe d’être largement déployée dans l’Hexagone cette nouvelle solution doit permettre aux banques d’offrir une nouvelle alternative au chèque et de garder la main sur les paiements à l’heure où les géants américains du numérique poussent leurs pions dans les services financiers.

Les banques françaises placent de nombreux espoirs dans le lancement d’un service de virement instantané entre particuliers via leur application mobile Paylib, annoncé jeudi.

« L’intérêt pour les banques, c’est que dans beaucoup de cas, le paiement de personne à personne se substitue au chèque », argue Vincent Duval, le directeur général de Paylib Services, la société soutenue par tous les grands groupes bancaires français qui est derrière l’application Paylib en développement depuis plusieurs années.

Etre la référence française du paiement

Le traitement des chèques est une source de coûts pour les banques. Or, même si leur usage tend à diminuer au fil des années, ils restent régulièrement utilisés dans l’Hexagone. En 2017, un peu moins de 2 milliards de chèques ont ainsi été émis pour un montant de 1.001 milliards d’euros selon les données de la Banque de France.

Surtout, la technologie de virement « entre amis » instantané est censée donner un coup d’accélérateur à l’adoption de Paylib et contribuer à faire de l’application « la référence française du paiement mobile ». « Dans les pays nordiques, on a d’abord assisté au développement du paiement mobile de personne à personne et ensuite, l’usage [du portable pour le paiement] a irradié dans le monde marchand », avance Vincent Duval.

La menace des Gafa

L’enjeu pour les groupes bancaires hexagonaux est de ne pas se laisser distancer par des fintech et surtout par les mastodontes américains du numérique qui poussent leurs pions dans le secteur des services financiers et en particulier celui des paiements. Apple, Samsung, et plus récemment Google, ont lancé des solutions permettant de payer via un téléphone portable. Il y a quelques jours, Apple est allé encore plus loin en annonçant le lancement d’une carte de crédit en partenariat avec Goldman Sachs et Mastercard.

Si des Gafa parvenaient à s’interposer systématiquement entre les consommateurs et leurs banques au moment des transactions, le risque serait pour ces dernières de perdre le contact quotidien avec leurs clients, aux dires de nombreux observateurs.

D’où l’importance pour les groupes bancaires hexagonaux d’être bien positionnés dans le paiement mobile et d’avancer ensemble comme ils l’avaient fait jadis pour imposer leur système de paiement par carte. Pour convaincre, les banques ne se privent pas de souligner qu’avec Paylib, l’ensemble des données personnelles restent protégées au sein du système bancaire du client.

SOLENN POULLENNEC
lesechos

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