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Première baisse en quatre ans des bonus à Wall Street

Première baisse en quatre ans des bonus à Wall Street

Les bonus devraient baisser de 5 à 10 % cette année pour l’ensemble de l’industrie financière, selon une étude du cabinet américain Johnson Associates.

Huit ans après la faillite de Lehman Brothers, les bonus à Wall Street n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d’avant crise. Pire, la tendance sur l’ensemble de l’industrie financière devrait même être à la baisse, de 5 à 10 % cette année, selon l’étude du cabinet américain Johnson Associates publiée lundi.

C’est la première fois depuis quatre ans que les chiffres sont en recul tous métiers confondus. Les bonus sont même 30 % inférieurs aux niveaux de 2009, estime l’étude. Pour établir ces chiffres, Johnson Associates se fonde sur les comptes des trente plus grandes banques d’investissement au cours des neuf premiers mois de l’année, et mène en parallèle un sondage auprès des clients de ces dernières.

Exception pour la banque d’affaires et les fusions-acquisitions

Certains métiers devraient toutefois s’en sortir mieux que d’autres. C’est le cas de la banque d’affaires et des fusions acquisitions, où l’activité a été particulièrement soutenue avec plusieurs méga opérations annoncées depuis le début de l’année. Pour ces banquiers-conseil, les bonus devraient progresser de 15 à 20 %, selon Johnson Associates. Les équipes travaillant sur les introductions en Bourse seront toutefois pénalisées par le report de nombreuses opérations.

Dans les métiers de marché, la situation devrait être plus contrastée. L’année a été difficile pour les métiers de taux. C’est donc pour les traders obligataires que les coupes devraient être les plus sévères, avec des primes en baisse de 10 à 20 % par rapport à l’an passé. Côté actions, en revanche, la volatilité des marchés a soutenu l’activité, et les bonus devraient grimper de 10 %. Mais même dans la gestion d’actif, où les rémunérations avaient jusqu’ici bien résisté, les primes devraient reculer de 5 % cette année.

Des rémunérations encore très élevées

La finance reste néanmoins l’une des industries où les rémunérations sont les plus élevées : selon les données du contrôleur de l’Etat de New York, le bonus moyen dans les banques d’investissement de Wall Street s’élevait à 172.860 dollars l’an passé. Mais la combinaison du ralentissement économique mondial, de marchés boursiers chaotiques, et d’une régulation bancaire plus stricte pèse sur les rendements.

Faute de réelle croissance de l’activité, les grandes banques américaines se concentrent donc depuis quelques années sur la réduction des coûts pour doper leur rentabilité. « Chaque année, les banquiers s’attendent à ce que les choses s’arrangent l’année suivante, admet le fondateur du cabinet Alan Johnson. Mais cela ne s’est pas vraiment produit. Et je ne vois pas d’amélioration dans les trois à cinq prochaines années ».

Elsa Conesa / Correspondante à New-York
lesechos.fr

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