vendredi 07 août 2020
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Profil bas sur la reconnaissance faciale chez Microsoft et Amazon

Profil bas sur la reconnaissance faciale chez Microsoft et Amazon

Les deux compagnies ont annoncé ne plus fournir les services de police avec leurs logiciels de reconnaissance faciale. Emboîtant le pas à IBM, elles demandent au Congrès américains d’édicter des règles fédérales encadrant ces technologies, sans les remettre en cause.

IBM avait fait son effet la semaine dernière en annonçant renoncer à ses travaux sur la reconnaissance faciale et ne plus vendre ce genre de technologie. Deux grands noms américains lui emboîtent le pas. Lors d’une interview en visioconférence avec le Washington Post le 11 juin 2020, le président de Microsoft Brad Smith a annoncé que l’éditeur de logiciel allait cesser de vendre sa technologie de reconnaissance faciale aux services de police américains tant qu’il n’y aurait pas de loi fédérale encadrant ce type d’outil tout en garantissant le respect des droits humains. “C’est au Congrès d’agir, pas uniquement aux compagnies technologiques” a-t-il lancé, suivant en cela les propos du président d’IBM qui en a appelé aux parlementaires américains.

Le géant du e-commerce renvoie la balle aux parlementaires américains

En janvier 2020 pourtant, le même Brad Smith avait évacué l’idée d’une telle suspension au moment où Google déclarait y être favorable le temps de mettre en place une réglementation.

Un peu moins radical, Amazon a publié la veille sur son blog officiel une prise de position similaire : un moratoire d’un an sur la fourniture de son outil Rekognition aux forces de police du pays. Là encore, le géant du e-commerce renvoie la balle aux parlementaires américains.

Rekognition, un logiciel chahuté

Le logiciel d’Amazon Web Service a en effet été particulièrement chahuté ces dernières années, notamment lors d’un test mené par l’ACLU qui avait montré que Rekognition pouvait confondre des élus du Congrès américains avec des criminels fichés, surtout s’ils étaient noirs ! La société avait été très critiquée pour ses démarches commerciales envers des services de police et notamment auprès de l’ICE, le service des Douanes et l’Immigraton. Le FBI a aussi testé Rekognition sur des images de vidéosurveillance. Comme la police d’Orlando, en Floride, dans le cadre d’une expérience pilote, de même que le bureau du shérif du comté de Wahsington en Oregon. Mais la première n’a pas renouvelé son contrat faute de résultats satisfaisants: le service n’avait pas assez de bande passante pour utiliser ce service en ligne accessible via le cloud d’Amazon. Quant au comté de Washington, suite à l’annonce d’Amazon, il a indiqué qu’il allait lui-aussi cesser de se servir de Rekognition.

La compagnie de Jeff Bezos avait jusque-là toujours défendu bec et ongles sa technologie, nié les biais ethniques dénoncés par des chercheurs, allant jusqu’à dire que Rekognition pouvait détecter des émotions telles la peur, la joie, le dégoût, la tristesse, le calme. Confronté à un début de contestation interne en 2018, la direction avait confirmé qu’elle croyait en Rekognition et continuerait à en équiper les polices du pays.

Difficile de ne pas voir dans le revirement de cette semaine, ainsi que dans les annonces d’IBM et Microsoft, un effet, au moins en partie, des manifestations en cours aux Etats-Unis contre les brutalités envers les noirs et le racisme des polices américaines.  C’est aussi un moyen de dédouaner la technologie et la responsabilité de ses fabricants en sous-entendant que s’il y a des débordements et des mauvais usages, c’est à cause d’un manque de cadre légal. Même si, jusque-là, IBM et les autres s’accommodaient très bien d’une absence de cadre légal…

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