vendredi 20 septembre 2019
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Projet de fusion FCA-Renault: Fiat Chrysler retire son offre

Projet de fusion FCA-Renault: Fiat Chrysler retire son offre

Le constructeur Fiat Chrysler (FCA) a retiré, dans la nuit de mercredi 5 juin à jeudi 6 juin, sa proposition de fusion avec Renault pour former le numéro trois mondial de l’automobile, faute d’obtenir un engagement rapide du groupe français, freiné par l’État actionnaire.

Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler a annoncé dans un communiqué qu’il retirait son offre de fusion avec Renault, estimant que « les conditions politiques (n’étaient) actuellement pas réunies en France pour mener à bien un tel rapprochement ». Fiat Chrysler a précisé qu’il restait « fermement convaincu » de l’intérêt de ce projet.

Le conseil d’administration de Renault, réuni mercredi 5 juin au soir pour la deuxième journée consécutive, afin d’étudier cette proposition, n’a pas été en mesure de prendre une décision. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire « a fait savoir qu’il voulait un (nouveau) conseil (d’administration) mardi (prochain) après son voyage au Japon » prévu en fin de semaine, a expliqué une source proche de Renault. Le ministre souhaitait s’entretenir au préalable avec son homologue japonais.

Nissan tenu à l’écart

Pourtant, lors du vote mercredi soir au siège de Boulogne-Billancourt, près de Paris, « tous les administrateurs étaient pour, à part un représentant des salariés affilié à la CGT et les deux représentants de Nissan qui se sont abstenus, comme prévu », a ajouté cette source. Les deux administrateurs nommés par Nissan ont cependant demandé « à ce que soit écrit dans le PV le fait qu’ils pourraient dire oui avec un peu plus de temps », a-t-elle poursuivi.

Tenu à l’écart des discussions entre Renault et FCA jusqu’à l’annonce du projet il y a dix jours, Nissan, dont Renault détient 43% du capital, et qui contrôle 15% de Renault, craignait d’être marginalisé dans l’opération mais y voyait aussi des opportunités en matière de partages de technologies. Le rejet par Nissan d’une proposition d’intégration renforcée avec Renault avait précipité les négociations franco-italiennes.

L’État pose ses conditions

Au nom de l’État français, premier actionnaire de Renault, le ministre de l’Économie avait posé quatre conditions à ce mariage : le respect de l’alliance avec Nissan donc, la préservation des emplois, une gouvernance équilibrée et une participation au projet européen de batterie électrique. Mercredi, Bruno Le Maire avait surtout mis en garde contre toute précipitation. Mais FCA juge donc que les conditions politiques en France ne sont pas réunies pour cette fusion qui avait enthousiasmé les marchés. C’est le second échec en France pour Fiat Chrysler qui a eu des discussions avec un autre constructeur français, PSA, là déjà infructueuses.

Bruno Le Maire a dit aujourd’hui, jeudi 6 juin, prendre « acte » du retrait de l’offre de fusion avec Renault déposé par Fiat Chrysler (FCA), assurant que l’État français avait travaillé « de manière constructive » sur ce projet. « Dès la présentation de cette offre, l’État, actionnaire de Renault à 15,1%, l’a accueilli avec ouverture et a travaillé de manière constructive avec l’ensemble des parties prenantes », a déclaré le ministre dans un communiqué, en soulignant qu’un accord avait été obtenu sur trois des quatre grands sujets sur la table des négociations, avant leur rupture.

rfi

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