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PSA Peugeot Citroën: Les enjeux de l’installation d’une unité industrielle…

PSA Peugeot Citroën: Les enjeux de l’installation d’une unité industrielle…

PSA Peugeot Citroën: Les enjeux de l’installation d’une unité industrielle au Maroc.

Après Renault, c’est au tour de PSA Peugeot Citroën de s’installer au Maroc. Le constructeur automobile français vient en effet de signer ce vendredi un accord avec le royaume du Maroc pour l’installation d’une usine d’envergure d’ici 2019. Mais quels sont les enjeux ?

Une excellente nouvelle pour le Maroc

A court comme à long terme, les enjeux sont évidemment très importants pour le Maroc et les choses s’annoncent surtout très bien. L’usine PSA Peugeot Citroën aura une capacité de production maximale de 200 000 véhicules et de 200 000 moteurs et permettra la création de 4500 emplois directs et de 20 000 emplois indirects.

Par ailleurs, la présence du géant de l’automobile qui vient s’ajouter, rappelons-le, à celle de Renault- pourra réduire le risque pour les équipementiers de deuxième et de troisième rang et permettre de porter l’intégration du secteur à 80% au lieu des 60 actuels. Ainsi, les 450 équipementiers déjà présents au Maroc ne seront plus les seuls et ce nombre devrait certainement rapidement évoluer.

Notons par ailleurs que le projet permettra le développement d’une filière “Recherche et Développement” qui emploiera à terme 1.500 ingénieurs par an.
En termes de gains directs, le projet est indéniablement idéal pour le Maroc tout comme il l’est en termes de gains indirects. En effet, l’installation d’un deuxième constructeur automobile dans le pays confirme les atouts du Maroc dans le secteur.

Le succès de Renault en a attiré plus d’un car en plus de Peugeot, Volkswagen prévoit de s’installer bientôt dans le royaume. Notons par ailleurs que le choix de la ville de Kenitra pour l’implantation de l’usine permet de diffuser la croissance du secteur vers toutes les régions du royaume. Un pari gagné donc mais qui au départ apparaissait comme un choix insensé.

Un pari gagné

Il faut bien dire que l’installation de ces deux géants de l’automobile au Maroc n’est pas le fruit du hasard. Elle est avant tout le fruit d’un choix fait par le royaume de développer la filière automobile, avec la filière aéronautique, et d’en faire l’un des fers de lance de l’économie marocaine.

Un choix qui a été difficile à faire et même largement critiqué mais qui commence à montrer des fruits. Le secteur automobile a ainsi enregistré un chiffre d’affaires de 5.5 milliards d’euros et s’est même offert le luxe de dépasser les phosphates. Et la croissance ne s’arrêtera certainement pas en si bon chemin avec l’arrivée de PSA Peugeot Citroën : tout porte à croire que les objectifs de 10 milliards d’euros d’ici 2020 pourront facilement être atteints.

Toute la problématique est désormais de savoir si le secteur créera des emplois durables et stables et qu’il ne sera pas victime de délocalisations pour des zones plus attractives en matière de coûts. Car il faut garder en tête que les secteurs comme l’automobile et l’aéronautique sont l’exemple type de l’entreprise en réseau qui délocalise les fonctions secondaires en fonction des opportunités de coûts.

Le plus important est donc maintenant de former et de créer des équipementiers marocains (de 1er, de 2ème et de 3ème rang ) capables d’être compétitifs au plan international pour attirer et surtout pour garder les constructeurs.

Bouchra Benhida
Docteur en économie
huffpostmaghreb.com

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