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Quand la mode irrigue les PME africaines

Quand la mode irrigue les PME africaines

Le wax, le pagne africain fait fureur depuis quelques années en France et dans le monde. Nombre de créateurs africains et européens s’en emparent. La marque Panafrica fondé par deux parisiens a eu l’idée d’en décorer les baskets. Un succès mondial pour cette marque qui fabrique en Afrique.

Il y a trois ans, Vulfran de Richoufftz, et son associé Hugues Didier, ont eu une idée flamboyante : utiliser le tissu wax pour décorer des baskets. « Là par exemple, je prends un modèle qui est notre modèle emblématique à Panafrica, qui est un derby avec trois œillets et des lacets écrus, montre Panafrica. Ce modèle est composé avec une toile wax qui est achetée à Abidjan, auprès d’Uniwax. On a un intérieur en coton blanc écru acheté à Bouaké dans une usine avec laquelle on travaille », détaille la marque.

Ces deux trentenaires, entrepreneurs dans l’âme, curieux et voyageurs, se passionnent pour le wax et ses possibilités. La mode du wax s’apprête à déferler sur Paris, et très vite leurs baskets séduisent. « Aujourd’hui nous avons des clients de tous horizons et c’est ce qui est agréable, c’est-à-dire que l’on crée des pièces « mode » pour des gens qui ont envie de porter une petite touche colorée sur leur tenue. Et la paire de chaussure s’y prête assez bien », estime-t-on.

Entre 25 000 et 30 000 paires produites

Aujourd’hui, trois ans après son lancement, Panafrica produit entre 25 000 et 30 000 paires de chaussures par collection. Le wax est acheté en Côte d’Ivoire à la société Uniwax, l’un des derniers fabriquant ivoirien. « Chez Uniwax on a accès à la salle des archives, on voit tous les anciens wax qui ne sont plus produits aujourd’hui. On peut voir certains tissus extrêmement rares que l’on ne peut plus trouver aujourd’hui. » Et d’ajouter « L’usine est prête à relancer ces modèles pour nous, pour que l’on crée des modèles. Et c’est assez sympa ! »explique-t-on avec enthousiasme chez Panafrica.

L’assemblage des chaussures est fait à Casablanca, au Maroc, dans une entreprise qui a embauché une trentaine de personnes pour répondre aux commandes. Et c’est l’une des particularités de cette société. 95 % de la valeur ajoutée créée reste en Afrique. « C’était une de nos démarches quand on s’est lancé. On s’est dit, quitte à acheter nos tissus en Côte d’Ivoire, notre coton au Burkina Faso ou au Bénin, il n’y a pas de logique à aller produire nos chaussures en Chine. Et donc pour nous cela n’avait pas de sens de faire une chose bien et de ne pas s’impliquer sur toute la ligne. »

Un commerce engagé

L’engagement commerce équitable fait partie de la démarche de Vulfran de Richoufftz. « Aujourd’hui nous avons formé une vingtaine de femme au Burkina Faso sur le tissage artisanal du coton qui est produit localement, explique le chef d’entreprise. On achète aujourd’hui toutes nos toiles à des prix supérieurs à ce qui se fait classiquement. Ce sont de vrais engagements de marque qui nous permettent d’avancer avec fierté. »

Panafrica ne vend pas seulement en Europe, la marque profite du boom des classes moyennes africaines pour développer son réseau de distribution sur le continent.

Olivier Rogez
rfi
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