Accueil / Bourse / Quand l’emploi américain ravive la crainte d’une hausse des taux

Quand l’emploi américain ravive la crainte d’une hausse des taux

Quand l’emploi américain ravive la crainte d’une hausse des taux

Après avoir timidement évolué dans un petit intervalle en séance, la Bourse de Paris a clôturé en baisse de 0,26% à 4.691,03 points. Les excellents chiffres de l’emploi aux Etats-Unis ont rendu les opérateurs perplexes, qui semblent finalement y voir un signal de prochaine hausse des taux.

La Bourse de Paris est passée à côté de sa cinquième séance de hausse d’affilée. Après une journée sans grand mouvement qui a vu le Cac 40 évoluer dans un petit intervalle de moins de 40 points, celui-ci termine la semaine en léger recul, sous le seuil des 4.700 points. Les excellents chiffres publiés par le département du travail américain auraient pu servir de tremplin aux indices actions, mais les investisseurs redoutent l’échéance d’une hausse des taux. Les contrats à terme des Fed Funds suggèrent qu’elle est maintenant attendue en septembre, contre octobre encore hier, avec une probabilité de 64%.

Morgan Stanley a créé un indice « maison » à partir de ce marché des contrats à terme sur les Fed Funds qui calcule le nombre de mois avant la première hausse des taux, et d’après cet indice la Fed procéderait à une hausse des taux dans sept mois, contre plus de huit mois hier.

mtoratehike

Le Cac 40 a cédé 0,26% à 4.691,03 points dans un volume d’affaires de 3,52 milliards d’euros. Ailleurs en Europe, le Footsie londonien a reculé de 0,17%, le Dax de la Bourse de Francfort de 0,54% et l’Euro Stoxx 50 des principales valeurs de la zone euro 0,33%. A New York, le Dow Jones grimpe de 0,23%, le S&P 500 0,38% et le Nasdaq Composite 0,36%.

De très (trop ?) bons chiffres américains

L’économie américaine a créé 257.000 postes dans le secteur non agricole en janvier, bien au-delà des 234.000 attendus, signant ainsi un onzième mois d’affilée au-dessus du seuil de 200.000. C’est une série inédite depuis 1994. Le taux de chômage a légèrement déçu, en hausse de 0,1 point à 5,7% de la population active, contre une stabilisation anticipée par le marché. Par contre, le nombre d’employés à plein temps a grimpé au-dessus de 120 millions pour la première fois depuis juillet 2008, et leur salaire a augmenté de 2,2% en rythme annualisé. Pour Mohamed El-Erian, conseiller économique chez Allianz, ces chiffres « confirment la capacité de l’économie américaine à créer des emplois, attirer les gens sur le marché du travail et améliorer les perspectives d’augmentation des salaires. ». Jim Paulsen, responsable des investissements chez Wells Capital Management, juge également la statistique globalement favorable, mais ambiguë, car « elle ouvre une fenêtre de tir à la Fed [pour relever ses taux] cet été, et peut-être même avant, ajoutant que cette dernière est en train de perdre l’argument voulant qu’elle maintienne ses taux autour de 0% ». D’autres, comme cet économiste de RBC Capital Markets, considèrent qu’« un rapport seul ne va pas faire pencher la Fed d’un côté ou de l’autre ».

Sur le Vieux Continent, la production industrielle a augmenté de 0,1% en Allemagne au mois de décembre, là où les analystes tablaient sur une progression de 0,4%. En France, le déficit commercial s’est creusé à 3,44 milliards d’euros en décembre après 3,1 milliards en novembre. Sur l’ensemble de 2014, il a cependant diminué à 53,8 milliards d’euros, contre 60,8 milliards en 2013, grâce à l’allégement de la facture énergétique. Le déficit commercial du Royaume-Uni s’est creusé à 10,15 milliards de livres en décembre, contre 9,28 milliards un mois plus tôt. A 34,8 milliards de livres, le déficit annuel est le plus élevé depuis 2010.

Alcatel-Lucent vedette, Legrand court-circuité

Alcatel-Lucent a progressé de 3,51% à 3,275 euros après la publication de résultats 2014 faisant ressortir une croissance solide et une forte réduction des coûts. Pour 2015, l’équipementier télécom table sur nouvelle amélioration de sa marge brute à au moins 34%, supérieure aux estimations des analystes, et se dit confiant dans sa capacité à atteindre son objectif de free cash-flow positif.

Les banques ont été bien orientées à la suite d’une note d’Exane BNP Paribas, à surperformance sur le secteur. Société Générale a gagné 1,09% à 37,22 euros, Crédit Agricole 1,06% à 10,975 et BNP Paribas 0,35% à 47,17.

Total a cédé 0,83% à 47,68 euros après un gain de 7% depuis le 29 janvier. Le baril de Brent de la mer du Nord poursuit son rebond de la veille avec un gain de 2,21% à 57,79 dollars. Vallourec a pour sa part pris 0,52% à 22,01 euros, tandis que Technip plie de 1,34% à 55,05.

Legrand a reculé de 2,76% à 46,94 euros. Société Générale a dégradé le titre de l’équipementier électrique de « conserver » à « vendre » et abaissé son objectif de cours de 42 à 40 euros.

Parmi les autres notes d’analystes, JP Morgan est passé de « surpondérer » à « neutre » sur Tarkett (-2,14% à 18,51 euros) « compte tenu des perspectives incertaines pour le groupe sur les marchés de la CEI, principalement en Russie ».

Bolloré s’est adjugé 3,30% à 4,075 euros. Le groupe vient de recevoir l’agrément des ministères de l’Economie et de l’Ecologie le désignant comme opérateur d’un réseau national de recharges pour véhicules électriques, rapporte Le Figaro. Il pourra donc déployer 16.000 nouvelles bornes de recharge dans les quatre prochaines années, ajoute le quotidien.

Enfin, Dassault Aviation a avancé de 3,41% à 1.159 euros alors que la France et l’Egypte sont sur le point de boucler un plan de financement de 5 à 6 milliards d’euros pour l’achat par Le Caire de 24 Rafale, ainsi que celui d’une frégate, écrivent Les Echos.

Vincent Branchet
lesechos.fr

Aller en haut