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Quand les célébrités se piquent au jeu des start-up

Quand les célébrités se piquent au jeu des start-up

Aux Etats-Unis, les people n’hésitent pas à soutenir les jeunes pousses, par l’image, la parole ou la bourse. Les fortunes sont diverses, mais quand le succès est au rendez-vous, il est spectaculaire.

Aux Etats-Unis, presque tous les « people » ont leur start-up. A croire qu’une petite compétition s’est instaurée entre les célébrités d’Hollywood et Beverly Hills. A dire vrai, le phénomène n’est pas étranger à l’image positive que les jeunes américains ont de l’entrepreneuriat. Monter sa boîte, c’est améliorer sa réputation – et donc son côté « bankable ». Mais toutes les stars ne s’impliquent pas de la même manière. Du simple placement financier au changement de vie radical, les situations sont multiples.

LES PRETE-NOM

Le carton de l’été 2014 pour les jeux sur smartphone, c’est elle. En échange de menue monnaie, Kim Kardashian, la plantureuse starlette américaine, a donné son image au studio Glu pour « Kim Kardashian : Hollywood » . Les petites filles du monde entier en ont raffolé : avec des pointes à plus de 700.00 dollars, le titre a fini par battre le record de revenus enregistré par Glu en 24 heures. Le nom d’une vedette, un thème porteur, une mécanique de jeu virale et une monétisation efficace : la recette semble fonctionner. Alors forcément, Kim Kardashian a fait des émules, à commencer par Katy Perry. La chanteuse vient d’annoncer que son patronyme serait lui aussi apposé à un jeu mobile d’ici à la fin de l’année. Son éditeur ? Glu…

LES INVESTISSEURS

C’est la manière la plus « classique » de soutenir les start-up pour des célébrités désireuses de placer leur argent et de réaliser une belle bascule. Bono, le chanteur de U2, avait pris 1 % de Facebook en 2010 via son fonds d’investissement Elevation Partners, multipliant sa mise par douze lors de l’introduction en Bourse du réseau social. L’acteur Ashton Kutcher, le plus célèbre des business angels américains, a investi dans quelques-unes des start-up les plus en vue ces dernières années (Foursquare, Skype, Spotify, Flipboard, Airbnb ou Secret) et a même fini par créer son fonds d’investissement, A-Grade. Doté de 100 millions de dollars, il a déjà réalisé de belles sorties. L’acteur, qui a incarné Steve Jobs sur grand écran (mais qui a aussi joué dans les séries à succès « That 70’s Show » et « Mon oncle Charlie »), est un passionné de technologie et s’implique dans la vie des sociétés qu’il finance. Il s’arrange même parfois pour glisser leur logo ou en parler dans ses séries !

Mais tous n’ont pas la même réussite. Justin Bieber, qui a financé Shots of Me, une application pour réaliser des selfies, aurait perdu plusieurs centaines de milliers de dollars dans la société. Quant à Backplane, qui développe des réseaux sociaux privés pour stars, elle cherche toujours son modèle économique. Lady Gaga, qui l’a financée, doit commencer à s’impatienter. Enfin, Just Sing It, une application de karaoké soutenue par l’actrice Lindsay Lohan, a, elle, complètement disparu de la circulation.

LES CONSEILLERS

Parfois, le rôle d’investisseur se double d’un titre de « conseiller ». C’est le cas de Leonardo di Caprio, qui met à disposition de Mobli, une application concurrente d’Instagram, ses avis et son carnet d’adresses. Ou de Justin Timberlake, qui n’a toutefois rien pu faire pour sauver MySpace, l’ex-star des réseaux sociaux qu’il a rachetée avec la régie Specific Media.

LES ENTREPRENEURS

Rares sont les stars à avoir osé créer leur propre société. C’est le cas de Jessica Alba, co-fondatrice et présidente depuis 2011 de Honest Company, un site de vente de produits pour bébés et pour la maison, respectueux du bien-être et de l’environnement. La société a levé 70 millions de dollars l’an dernier auprès de fonds prestigieux (Lightspeed Venture, Wellington Management) et serait valorisée 1 milliard. La fortune de Jessica Alba atteint, elle, plusieurs centaines de millions de dollars. Quant au rappeur et producteur Dr Dre, il est à l’origine de l’une des plus belles réussites de ces dernières années avec Beats, le fabricant de casques revendu l’an dernier à Apple pour 3 milliards de dollars. Dr Dre, dont la fortune pourrait frôler le milliard de dollars, a alors été embauché par Apple comme conseiller. Mais les échecs sont aussi à l’image de ces succès : démesurés. Il faut dire que l’autre rappeur MC Hammer avait vu les choses en grand, au moment de lancer WireDoo en 2011. Ce moteur de recherche était tout simplement destiné à concurrencer Google. Raté.

Les Français encore en retrait

Le phénomène n’a pas encore touché l’Hexagone, où seuls quelques « people » ont tenté l’aventure. C’est le cas du rugbyman Frédéric Michalak, qui a cofondé Snapfan, une application de partage de photos de sport, ou du comédien Pascal Légitimus, qui a créé avec deux entrepreneurs Okazado, un site de petites annonces d’objets d’occasion qui sera lancé dans quelques jours. D’autres ont investi dans des projets, comme l’humoriste Fabrice Eboué, qui a financé la plate-forme de cinéma afro Afrostream. Mais les célébrités françaises ont peut-être encore le souvenir des critiques qui s’étaient abattues sur Thierry Lhermitte, quand l’acteur avait investi en 2009, en pleine discussion sur la loi Hadopi, dans Trident Media Guard (TMG), une start-up nantaise spécialisée dans la traque des pirates sur Internet. Une initiative pas vraiment du goût des internautes…

Nicolas Rauline / Journaliste et Julien Dupont-Calbo / Journaliste Tech
lesechos.fr

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