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Quand les distributeurs de billets se transforment en minibanques

Quand les distributeurs de billets se transforment en minibanques

Les banques développent le « self-service » en agence grâce à de nouveaux automates.
Certains établissements français, comme Société Générale, ont réalisé des prototypes.

A l’heure où les agences bancaires se réinventent, en troquant leur service d’accueil contre des salons repensés au mobilier coloré, les spécialistes de la distribution de billets espèrent s’y faire une place de choix. « Le contexte de refonte des agences, de réorientation des chargés de clientèle vers du conseil à forte valeur ajoutée et les progrès technologiques des automates, qui peuvent désormais se connecter aux systèmes d’information des banques, permettent de déployer des machines bien plus évoluées », affirme Thierry Crespel, responsable commercial Europe de l’éditeur de logiciels bancaires Auriga.

Dotés de larges écrans tactiles qui imitent ceux des tablettes, les distributeurs de billets se muent en kiosques bancaire self-services : « On peut y installer toutes les fonctionnalités que les banques développent sur leurs applications mobiles (virement, prise de rendez-vous avec un conseiller, etc.), mais aussi proposer l’ouverture de comptes, la souscription de produits ou la vidéoconférence avec un conseiller, car l’environnement informatique du distributeur – contrairement à celui des smartphones – est totalement sous contrôle de la banque », explique Patrick Goasguen, directeur général France du spécialiste des distributeurs NCR. Après avoir déployé ces kiosques aux Etats-Unis et dans certains pays du Moyen-Orient où les prospects peuvent désormais ouvrir un compte et repartir avec une carte bancaire personnalisée, l’opérateur veut partir à la conquête du marché européen.

En Italie certaines banques ont déjà franchi le pas. « Dans le cadre de rationalisation de son parc d’agences, Intesa SanPaolo s’est équipé de machines qui déchargent les guichets d’opérations de paiements de factures », explique Thierry Crespel. Mais en France les initiatives restent rares. Certains établissements restent peu convaincus de l’intérêt de ces outils et préfèrent miser sur le développement de la banque sur smartphone. Le groupe BPCE dit, par exemple, se concentrer sur des investissements dans ses systèmes de retraits d’espèces, soucieux de ne pas « dévoyer ces machines de leur fonction première ». A la Société Générale, il n’est pas non plus question d’ajouter de nouvelles fonctionnalités aux automates dédiés aux retraits d’espèces qui seraient susceptibles d’allonger les files d’attente. Mais la banque a néanmoins réalisé des prototypes d’automates de nouvelle génération qui pourraient se concentrer sur d’autres fonctions en agence.

Outil pédagogique

« On y voit un intérêt certain, car pour l’instant seuls de 50 à 55 % de nos clients utilisent les applications mobiles pour accéder à leurs comptes. Nous sommes dans une période où ce genre d’outils pourrait être utile pour faire de la pédagogie sur les outils digitaux en agence », explique Christian Dubost, responsable au sein de la direction stratégie, digitale et relation client de Société Générale.

Le diagnostic est similaire chez AXA Banque qui, en dépit de son statut de banque digitale, a investi dans 370 automates capables d’encaisser des chèques ou de réaliser des virements : « Aujourd’hui, nos agents réalisent les souscriptions pour les clients, explique Valérie Broncard, directrice de la distribution chez Axa Banque. Demain, nos agents pourraient être davantage accompagnateurs et guider le client dans les différentes étapes. Il faut être pragmatique, demain les consommateurs devront avoir le choix. »

Sharon Wajsbrot,
Les Echos

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