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Que va faire Warren Buffett de son trésor de guerre de 100 milliards ?

Que va faire Warren Buffett de son trésor de guerre de 100 milliards ?

Berkshire Hathaway, le holding du milliardaire américain, 3e homme le plus riche du monde, dispose de montagnes de liquidités.

Que va-t-il faire de cette montagne de cash ? C’est la question qui agite les milieux financiers, alors que le holding de Warren Buffett, valorisé 444 milliards de dollars, vient d’atteindre la barre symbolique des 100 milliards de liquidités.

En seulement six mois, Berkshire Hathaway a augmenté sa cagnotte de 14 milliards de dollars. Si des investissements sont dans les tuyaux, comme le rachat du géant américain de l’électricité Oncor, cette hausse fulgurante suscite les interrogations. D’autant que Warren Buffett, 86 ans, n’est pas homme à distribuer des dividendes, ni même à investir sur un coup de tête. Tour d’horizon des stratégies possibles.

Continuer de se diversifier ?

C’est la stratégie qui a réussi depuis plus de 50 ans à l’« Oracle d’Omaha ». Berkshire Hathaway est loin de s’être cantonné à la réassurance, son activité historique. Le holding possède des participations dans une centaine de sociétés, parmi lesquelles on retrouve une quarantaine de groupes cotés, allant du secteur des services financiers à l’industrie en passant l’agroalimentaire et les transports.

Preuve de la rentabilité de ces investissements, les liquidités du holding ont presque triplé en seulement quatre ans. Elles sont passées de 35 à 100 milliards de dollars en 48 mois, soit une progression moyenne de plus d’1,3 milliard de dollars par mois depuis juillet 2013.

Berkshire Hathaway compte dans son portefeuille des valeurs historiques comme la banque américaine Wells Fargo, plus grosse participation du holding, Kraft Heinz, qui vient de rater une OPA sur Unilever, et Coca-Cola.

Plus récemment le holding installé dans le Nebraska a investi dans d’autres sociétés, notamment dans la « tech » et le secteur aérien. En un an, Warren Buffett a pris pour 17 milliards de dollars de participations dans Apple, au détriment d’IBM, et plus de 9 milliards dans plusieurs compagnies aériennes, dont American Airlines et Delta Airlines.

Que ce soit Apple ou l’aérien, ces nouveaux placements ont significativement progressé ces derniers mois. La marque à la pomme a notamment battu un nouveau record en Bourse. Des résultats qui pourraient inciter le milliardaire à poursuivre dans cette voie.

Réaliser un gros coup ?

C’est ce qui se murmure parmi les investisseurs et les analystes. Car avec 100 milliards de dollars de cash, Warren Buffett peut viser large sur les marchés et s’offrir un mastodonte de la cote, comme le géant américain Nike (98 milliards). Seuls 75 groupes dans le monde, qui pèsent plus de 100 milliards, pourraient aujourd’hui lui résister.

C’est d’ailleurs ce que n’a pas totalement exclu le milliardaire lors de la présentation des résultats trimestriels de Berkshire. « La question est : va-t-on être capable de les dépenser (les 100 milliards de dollars, NDLR) ? », a-t-il expliqué devant plus d’un millier d’actionnaires il y a quelques jours lors de la présentation des résultats trimestriels de son conglomérat.

Sauf que Warren Buffett n’est pas connu pour investir hâtivement. Depuis les années 1960, le milliardaire privilégie les sociétés bien installées sur un marché et capable d’offrir des perspectives à long terme. Et le milliardaire n’a jamais investi plus de 30 milliards de dollars pour une acquisition.

Attendre que les marchés baissent ?

C’est la dernière stratégie envisageable. Comme il l’a déjà fait par le passé, Warren Buffett pourrait attendre que les marchés, qui évoluent actuellement à des niveaux historiquement élevés, baissent un peu. Fin juillet, le Dow Jones, indice phare à la Bourse de New York, a franchi le seuil des 22.000 points, rendant d’autant plus chère une éventuelle acquisition.

Une inversion sur les marchés pourrait pousser Warren Buffett à se lancer dans une grosse acquisition. Le 3e homme le plus riche de la planète, derrière Bill Gates et Jeff Bezos, a réussi en grande partie sa carrière sur sa capacité à investir dans des sociétés sous-valorisées.

Pendant la crise financière de 2008, le milliardaire avait investi 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs. Cet investissement lui permet aujourd’hui de figurer parmi les principaux actionnaires de la banque, dont l’action a presque triplé en 9 ans, passant de 80 à 230 dollars…

 

 

 

RAPHAEL BLOCH

lesechos.fr

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