Accueil / International / Quinze ans après son adhésion à l’OMC, la Chine crispe ses partenaires

Quinze ans après son adhésion à l’OMC, la Chine crispe ses partenaires

Quinze ans après son adhésion à l’OMC, la Chine crispe ses partenaires

La Chine est devenue la deuxième économie au monde. et le premier exportateur mondial. Mais ses partenaires attendent qu’elle ouvre davantage son marché.

Le 11 décembre 2001, le porte-parole de l’Organisation mondiale du commerce saluait « un jour historique dans la jeune vie de l’OMC ». Il n’imaginait sans doute pas à quel point. « L’accession de la Chine à l’OMC est un événement central pour comprendre les mutations de l’économie mondiale depuis quinze ans », juge Alicia Garcia Herrero, chef économiste Asie de Natixis. « L’entrée de la Chine à l’OMC est plus importante que la création de l’OMC elle-même », abonde Sébastien Jean, directeur du Cepii, centre de recherche dans le domaine de l’économie internationale.

Ces quinze dernières années, la Chine est devenue la deuxième économie au monde derrière les Etats-Unis (son PIB a été multiplié par 8), le premier exportateur mondial (devant l’Allemagne depuis 2010) et le premier détenteur de réserves de change. Bon nombre d’entreprises chinoises sont désormais des acteurs de premier plan et les opérations de rachat à l’étranger font aujourd’hui régulièrement la une des journaux.

Tournant de la crise de 2008

Le résultat d’un accord lui-même issu de quinze ans de négociations ? « L’accord de l’OMC n’explique pas en soi le bond spectaculaire de la Chine, mais il a été un outil permettant de donner un coup d’accélérateur à une volonté politique d’ouverture », poursuit Sébastien Jean. En devenant une puissance commerciale incontournable, la Chine a changé le paysage mondial : « Son adhésion a accéléré la désindustrialisation de nombreux pays occidentaux tandis que les consommateurs ont, eux, profité de la baisse des prix des produits chinois », juge Alicia Garcia Herrero.

La crise de 2008 marque un tournant : « Alors que l’Europe et les Etats-Unis sombrent dans la récession, la Chine continue de dégager des excédents commerciaux et devient le premier moteur de la croissance mondial avec son immense plan de relance », rappelle l’économiste. Contribuant pour environ un tiers de la croissance mondiale de 2015, selon le FMI, la Chine exerce une influence croissante sur le reste du monde.

Frédéric Schaeffer
lesechos

Aller en haut