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Rd Congo: le gouvernement interdit à Sicomines, l’exportation du cuivre et du cobalt non transformés localement

Rd Congo: le gouvernement interdit à Sicomines, l’exportation du cuivre et du cobalt non transformés localement

En République démocratique du Congo (RdC), l’exécutif vient d’interdire à Sicomines, l’exportation de cuivre et de cobalt non transformés. Le gouvernement a en effet indiqué que 68 camions de la compagnie avaient été empêchés de décharger leur marchandise au port en vue de leur exportation, révèle Bloomberg.

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Augmenter les bénéfices liés à l’exportation des minerais

La manoeuvre des autorités vise le remboursement rapide des 6 milliards de $ dus à la Chine dans le cadre du contrat minerai contre infrastructures, signé avec l’Empire du milieu. Sicomines qui est detenue en majorité par les chinois Sinohydro Corp. et China Railway Construction Corp. joue un rôle majeur dans ce processus puisque ses bénéfices servent à rembourser les financements octroyés par la partie chinoise dans le cadre de cet accord.

En effet, la compagnie a été établie en 2007 dans le sillage d’un accord entre la Chine et la RdC stipulant que la première financerait la construction d’infrastructures comme des routes et des hôpitaux, financés par des banques chinoises en échange de métaux comme le cuivre et le cobalt. Elle a exporté le quart des concentrés de cuivre et 5% des cathodes de cuivre produit dans le pays l’an dernier.

Une décision plusieurs fois reportée

Selon les termes de la convention ayant abouti à la création de Sicomines, cette dernière devait produire 200 000 tonnes de cathodes de cuivre au terme de sa première année d’activité et fournir un tonnage équivalent de cobalt transformé. Sur trois ans, la production devrait atteindre 400 000 tonnes de cuivre transformé. «Sicomines doit se conformer à la convention.», a déclaré le ministre congolais des mines Martin Kabwelulu.

De son côté Moïse Ekanga qui dirige le département congolais en charge de la supervision du projet indique que si la compagnie n’a pas respecté ses obligations, c’est en raison du manque d’électricité qui empêche Sicomines de tourner à plein régime. La compagnie a besoin de 170 mégawatts supplémentaires, indique-t-il. Les actionnaires principaux de Sicomines ont récemment initié un financement de 660 millions de $ pour la construction d’un barrage hydroélectrique susceptible de fournir 240 MW à la société.

Il faut noter cependant que Sicomines est en retard sur ses homologues exerçant en terres congolaises puisque des compagnies comme Glencore Plc et China Molybdenum Co. transforment déjà localement le cuivre qu’elles exportent. Tenke Fungurume qui est le plus grand producteur de cobalt du pays, exporte de l’hydroxyde de cobalt plutôt que le métal brut. Quant à Sicomines, elle n’a commencé l’exportation de l’hydroxyde de cobalt qu’en juin dernier. Le directeur-général adjoint de la compagnie, Jean Nzeng, a affirmé à Bloomberg, «Nous sommes actuellement en contact avec le ministère pour débloquer la situation. Il n’y a pas de problème majeur.»

Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que la RdC interdit les exportations de cuivre et de cobalt non transformés. Déjà en 2013, la décision avait été prise, mais sa mise en oeuvre avait été plusieurs fois reportée, notamment en raison des difficultés rencontrées par les compagnies dans l’approvisionnement en électricité.

Le pays est le principal producteur de cuivre d’Afrique et le premier producteur de cobalt du monde.

Aaron Akinocho
agence ecofin

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