lundi 21 septembre 2020
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Réforme du franc CFA : l’analyse de Dominique Strauss-Kahn – Meyomessala International

Réforme du franc CFA : l’analyse de Dominique Strauss-Kahn – Meyomessala International

Désormais Consultant notamment en Afrique, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international, a réagi à la signature le 21 décembre 2019 à Abidjan, de l’accord de réforme en profondeur du franc CFA entre l’UEMOA et la France.

Pour Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre français de l’Economie et des Finances,  « le système ne pouvait plus durer, en raison des symboles dont il était lesté ». Objet de vives critiques de la part de ceux qui souhaitent sa disparition, le franc CFA est présenté comme un anachronique symbole de la colonisation. Redoutant la déstabilisation des économies de la zone, les pays de l’Union économique monétaire Ouest-africaine (UEMOA) par leur président en exercice, le président ivoirien Alassane Ouattara, ont opté pour une réforme en profondeur du franc CFA. Auteur en 2018 d’une étude intitulée « Zone franc. Pour une émancipation au bénéfice de tous », un document d’une trentaine de pages préconisant douze pistes pour réformer la coopération monétaire entre la France et quatorze pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, Dominique Strauss-Kahn est devenu la première personnalité française à avoir joué un rôle de premier plan à briser le tabou sur le franc CFA.

Ce qui l’a décidé à franchir le pas

« Il est difficile de prétendre s’intéresser au développement de l’Afrique francophone sans se poser la question de son système monétaire, surtout quand celui-ci fait l’objet de critiques, parfois fondées et parfois un peu moins », justifie Dominique Strauss-Kahn. Dans le but d’apaiser un débat qui se durcissait, il a également tenu à l’élargir en interpellant l’ensemble des Européens, à commencer par les Allemands. « Je pense qu’il faut sortir du non-dit », avait-il préconisé.

La récente visite du président français Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire, visait donc un seul objectif : quitter la position d’attente, sur le thème « nous sommes ouverts » pour dépoussiérer sérieusement le système monétaire de l’UEMOA. Faire tomber des rigidités en maintenant la zone monétaire liée à l’euro, une réforme qui présente de nombreux avantages.

Sur la réforme

Le fait que la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ait déjà un compte à la Banque des règlements internationaux montre qu’elle pourrait y déposer sans aucun problème l’intégralité de ses réserves. « Contrairement à ce que prétendent nombre de ses détracteurs, le fameux compte d’opérations n’est nullement un avantage pour le Trésor français », souligne-t-il, en justifiant que tel était le cas avant l’entrée en vigueur de l’euro. S’il reconnaît que la parité fixe avec l’euro « est un régime de change qui, à long terme, crée une rigidité nullement profitable aux pays concernés », il soutient par ailleurs qu’il n’y a « pas de solution miracle », que le régime de change soit fixe ou flottant. « Je pense que le lien du CFA, donc de l’Eco, avec l’euro présente un certain nombre d’avantages pour les Africains, à condition qu’ils retrouvent la maîtrise de leur monnaie », prévient-il, en martelant que tout régime de change a ses avantages et ses inconvénients.  « Le fait que certains administrateurs des banques centrales africaines soient français, et que, lorsque survient une difficulté, il leur faille en discuter avec la France, donne aux Africains le sentiment qu’ils ne sont pas complètement autonomes en matière monétaire », regrette-t-il. La réforme du CFA annonce notamment le retrait d’administrateurs français dans les banques centrales africaines, ce qui augure une autonomie fondée dans la nouvelle coopération.

Selon Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI entre 2007 et 2011, il appartient désormais aux pays africains membres de l’UEMOA de développer les échanges autour de l’Eco et de créer un espace d’intégration que le CFA n’a pas été capable de faire. Il voit d’ailleurs d’un bon œil l’intégration d’autres pays comme le Ghana, deuxième puissance économique enclavée de l’Afrique de l’Ouest, dans la zone Eco.

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