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Réformes : Le FMI prône une révision de l’État-providence mauricien

Réformes : Le FMI prône une révision de l’État-providence mauricien

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le pays est appelé à revoir sa politique d’aide sociale, en phase avec son aspiration à être une économie à revenus élevés, Maurice ayant progressé au fil des décennies.

Ces propos sont de David Lipton, le numéro deux du FMI, en visite à Maurice. Le temps d’une rencontre avec la presse, à Balaclava, il est revenu sur la performance économique mauricienne de même que les défis à relever dans un contexte mondial où les puissantes banques centrales utilisent tout un arsenal de mesures pour relancer leurs économies respectives.

« La protection sociale a été très importante. Elle l’est toujours. La question est de juger si ce système évolue en ligne avec l’évolution et le développement du pays », a fait ressortir David Lipton. « Ce n’est pas un sujet pour l’immédiat, mais un sujet sur lequel Maurice devra se pencher dans le futur. » L’État-providence englobe les allocations sociales que touchent les couches fragiles de notre population. Faut y ajouter l’éducation, les services de santé et le transport gratuit de même que les subventions sur les denrées et le gaz ménager. Une révision implique une redistribution et utilisation optimale de dizaines de milliards de roupies.

Selon les données de Statistics Mauritius, le montant déboursé sous la sécurité sociale et le bien-être était de Rs 22.7 milliards en 2012, représentant 27 % des dépenses du gouvernement ou 6.6 % du Produit intérieur brut (PIB). Dans son discours budgétaire en 2013, Xavier-Luc Duval, alors ministre des Finances, avait fait était d’un montant de Rs 14.8 milliards pour l’éducation et de Rs 9.2 milliards allouées pour la santé publique. La moyenne des revenus par tête d’habitant a presque doublé. En 2005, elle se situait à 5,200 dollars américains. Et en 2013, elle était de 9,300 dollars. Et dans son discours, Xavier-Luc Duval avait indiqué que Maurice pourrait se retrouver dans la catégorie de pays à revenus élevés vers 2020.

Ces chiffres avancés par le ministère des Finances viendraient réconforter David Lipton dans ses analyses. Ces types de protection sociale sont appliqués dans le sens large à travers la population quand le pays est à faibles revenus et les habitants sont relativement pauvres. Cependant, quand les revenus sont en hausse, atteignant l’appellation de revenus moyens, les ressources consacrées au service social sont plus rares. Et il serait logique de jauger ladite couverture sociale, affirme-t-il.

Maurice, a rappelé David Lipton, fait désormais partie d’un groupe de pays évoluant en marge de l’économie mondiale. Le commerce est plus fluide. Les banques s’internationalisent davantage. Il existe un flux de devises vers et hors du pays. Du coup, le pays est davantage exposé aux effets mondiaux. La réussite mauricienne dans les années 1980, sous sir Anerood Jugnauth, ne peut être répétée avec les mêmes formules, affirme-t-il. En sus d’une politique fiscale soutenable, le pays devra s’assurer que l’inflation, qui relève de la Banque de Maurice, soit sous contrôle de même pour le déficit budgétaire et la balance des paiements.

defimedia.info

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