Accueil / Développement / Remi Bourgarel, nouveau garant du développement de Veolia en Afrique

Remi Bourgarel, nouveau garant du développement de Veolia en Afrique

Remi Bourgarel, nouveau garant du développement de Veolia en Afrique
En Afrique, la multinationale française Veolia a récemment retouché l’équipe dirigeante de sa filiale régionale, en confiant la direction du Développement à Remi Bourgarel, un ingénieur de formation qui cumule 25 ans d’ancienneté au sein du groupe français de services publics.

Un nouveau souffle qui en dit long sur l’état d’esprit conquérant de Veolia en Afrique. Ce souffle, Remi Bourgarel en est le porteur. Depuis le 1er juin, il officie en qualité de directeur du Développement de Veolia Africa, la filiale régionale de la multinationale française de services publics. A lui, Patrice Fonlladosa, PDG de Veolia Africa, voue : «Toute ma confiance et mon support pour développer nos nouvelles activités».

12 ans entre le Gabon, le Niger, la Guinée et le Congo

Et l’Afrique, aussi bien que le développement des affaires de Veolia, Rémi Bourgarel s’y connaît bien. En effet, cet ingénieur de formation, diplômé de Supélec, compte 25 ans d’ancienneté au sein du groupe français. Après des années passées en France, c’est en 2003 qu’il rejoint la zone Moyen-Orient et Afrique. Outre le Moyen-Orient dont il a été directeur des Opérations avant d’être affecté à la direction Pays d’Oman, il a passé au total 12 ans à gérer les affaires de Veolia en Afrique.

D’abord au Gabon, Rémi Bourgarel manage -de janvier 2003 à avril 2008- des investissements de la concession de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Ensuite au Niger, il pilote, en qualité de directeur général de la Société d’exploitation des eaux du Niger (SEEN) -de juin 2013 à juillet 2016, l’assainissement en eau des habitants de Niamey et de 53 autres villes et villages du pays. Parallèlement à cette dernière fonction, il dirige la filiale guinéenne et supervise les activités au Congo Brazzaville où Veolia détenait un contrat d’assistance technique à la Société nationale de distribution d’eau (SNDE).

De ces longues années d’expériences, Rémi Bourgarel garde un bon souvenir. «J’ai eu la chance de voir quasiment tous les pays de la zone, de travailler dans des endroits très différents, de connaître des gens différents. C’est une richesse», confie-t-il à La Tribune Afrique, se réjouissant notamment d’avoir «vu grandir les enjeux» en matière d’environnement.

«Nos métiers -protection de la ressource en eau, cette ressource rare, voire très rare au Moyen-Orient et dans les pays du Sahel ; développement de l’accès à ces ressources, mobilisation pour un usage responsable…- ont du sens», explique-t-il avant d’ajouter : « Cela prend du temps, mais c’est une belle mission».

Stratège résolu

«Il y a beaucoup à faire en Afrique et j’ai beaucoup d’énergie pour le faire».

Parlant justement de mission, celle de Bourgarel à la direction du Développement de Veolia Africa s’articule autour d’un axe principal, à savoir, renforcer la contribution du groupe dans le développement des services aux populations, aussi bien dans une dimension sociale qu’environnementale. «Il y a beaucoup à faire en Afrique en la matière et j’ai beaucoup d’énergie pour le faire», assure celui dont l’exécution stratégique devra déboucher sur un plus grand «rayonnement du savoir-faire de Veolia» à travers le ContinentUn rayonnement qui a, quelque peu, été entaché avec les récents litiges du groupe français en Egypte et au Gabon.

En Egypte, Veolia a porté l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) où le groupe français réclame au Caire un dédommagement de 140 millions d’euros. Au Gabon, la multinationale de services publics a recouru au même tribunal contre l’Etat gabonais, souhaitant plutôt un règlement à l’amiable, tout en dénonçant une «expropriation illégale» et «une grave violation des règles de droit», suite à la réquisition de sa filiale.

«Notre stratégie en Afrique n’est pas remise en question»

Désormais, Rémi Bourgarel a pris le relais de la stratégie de Veolia Africa qui, en plus de ses traditionnels services municipaux pour la desserte des populations en eau, électricité et assainissement, s’investit plus récemment sur le marché industriel à travers le traitement des eaux pour des sociétés minières afin de les aider à réduire leur empreinte environnementale, et le traitement des déchets de l’industrie pétrolière. «Notre stratégie est bonne, car elle s’adresse véritablement aux enjeux clés du développement en Afrique», déclare le nouveau garant de ladite stratégie qu’il mettra en œuvre sans toucher aux filiales en litige.

«Les activités du groupe se développent sur tout le continent. Nous sommes présents en Afrique depuis 21 ans maintenant, aux côtés des villes et des industries plus récemment. Nos activités apportent des réponses durables aux grands enjeux, donc nous allons continuer à nous investir en Afrique, à proposer des offres toujours plus pertinentes et innovantes. Notre stratégie en Afrique n’est pas remise en question», argue-t-il.

«Prêt à surmonter les obstacles»

Pour cet ingénieur de formation, l’Afrique a aujourd’hui le défi de développer ses services d’eau, d’électricité et d’assainissement au rythme du développement rapide des villes souvent sans prévision en amont des infrastructures. «Les nouvelles infrastructures, le développement et déploiement de solutions innovantes pour aller plus vite et plus loin, le développement des compétences locales pour une gestion optimisée, explique-t-il, constituent, à mon avis, le triptyque permettant de soutenir cette croissance des villes en lui permettant d’être durable et soutenable».

Après avoir souvent assuré et parfois coordonné pendant de longues années le développement de Veolia en Afrique, notamment sous la casquette de directeur général, Rémi Bourgarel estime que pour réussir sa mission, le directeur du Développement -tous secteurs confondus- devra mettre un point d’honneur à trois facteurs : connaître les marchés africains et leurs spécificités, comprendre les besoins et savoir s’adapter.

«Les marchés du continent africain sont matures et divers. Matures, car on peut y exercer toutes nos activités [...] Il s’agit d’un continent en croissance. Chaque zone, pour ne pas dire chaque pays, a sa ou ses spécificités, ses problématiques et particularités qu’il faut prendre en compte pour proposer le meilleur et apporter le meilleur service.  Ce qui est impératif, c’est de tenir compte de cette diversité», explique Rémi Bourgarel.

C’est fondé sur ces certitudes qu’il va piloter la stratégie africaine de Veolia, au moment où les projecteurs restent braqués sur la multinationale française de services publics, pour voir comment évoluent à l’avenir ses affaires à travers le Continent. De nature optimiste et persévérante, Rémi Bourgarel, en tout cas, envisage l’avenir avec beaucoup d’assurance :

«Je ne lâche rien malgré les difficultés. Je construis avec le temps, avec patience. Quand les obstacles surviennent, je prends le temps qu’il faut pour les surmonter».

Ristel Tchounand

afrique.latribune

Aller en haut