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Résultats : Air France-KLM s’enfonce dans le rouge

Résultats : Air France-KLM s’enfonce dans le rouge

La perte nette du groupe atteint 269 millions d’euros au premier trimestre marqué par trois jours de grève chez Air France. La consultation des salariés lancée par le PDG, Jean-Marc Janaillac, prend fin ce vendredi.

Qu’ils paraissent lointains les résultats records pour 2017 affichés en février dernier . Le groupe Air France-KLM a en effet annoncé une perte nette de 269 millions pour le premier trimestre, un résultat marqué par trois jours de grève chez Air France.

Publiés vendredi, treizième jour de grève depuis le 22 février, ces comptes dans le rouge n’incitent guère à l’optimisme. Ceci, alors que le sort du PDG, Jean-Marc Janaillac, est suspendu au résultat d’une consultation de tous les salariés sur un accord salarial proposé par la direction, qui sera connu dès ce soir, à la clôture du scrutin. A la bourse de Paris, le titre était en chute de près de 7% à l’ouverture.

En effet, les trois jours de grève de février et mars ont déjà coûté 75 millions d’euros. Les pertes d’exploitation d’Air France-KLM ont atteint 118 millions d’euros, en retrait de 85 millions d’euros par rapport au premier trimestre de 2017. Pour Air France seule, la perte d’exploitation se chiffre à 178 millions d’euros, soit une aggravation de 121 millions d’euros comparée au premier trimestre 2017, tandis que la néerlandaise KLM affiche un bénéfice de 60 millions d’euros, en amélioration de 32 millions sur un an.

Les réservations sont impactées

En tenant compte de l’impact du mouvement à fin avril, estimé à « 300 millions d’euros au minimum », la direction pronostique pour l’exercice en cours un résultat d’exploitation « en baisse sensible » par rapport à 2017 où il avait atteint 1,9 milliard d’euros, indique son communiqué. D’autant que, même si la grève prenait fin à l’issue d’un positif des salariés, son impact des grèves continuera de se faire sentir sur les réservations de cet été, comme l’a reconnu le directeur financier du groupe Frédéric Gagey, lors d’une conférence de presse téléphonique. « On ne peut pas nier que les grèves auront un effet à moyen terme, probablement durant quelques mois, mais il est difficile de quantifier ces effets », a-t-il indiqué.

Une demande bien orientée

Ces résultats sont d’autant plus décevants qu’ils contrastent avec une demande bien orientée, comme le montre le trafic global du groupe qui a progressé de 5,7 % à 22 millions de passagers. « Dommage qu’on n’arrive pas à tirer le bénéfice de cette période qui est plutôt une période favorable en matière de demande adressée aux transporteurs », a commenté Frédéric Gagey.

La demande a été particulièrement dynamique sur le long-courrier et notamment sur les réseaux Amérique du Nord, Amérique Latine et Asie, où la recette unitaire a augmenté respectivement de 4,9 %, 6,2 % et 2,4 % (à change constant). En revanche, sur le moyen-courrier, elle a baissé de 8,9 % sur le point à point, surtout en raison de la nouvelle concurrence du TGV sur la Bretagne et Bordeaux.

Belle performance de Transavia

Le principal bénéficiaire de cette conjoncture favorable est KLM, dont le chiffre d’affaires trimestriel progresse de 7,4 %, à 2,28 milliards d’euros, quand celui du groupe Air France, qui inclut Hop !, recule de 0,8 %, à 3,5 milliards. Toutefois, la palme de la croissance revient toutefois au pôle low cost, représenté par Transavia France et Transavia Holland, dont le trafic a progressé de 11,3 %, comparé au premier trimestre 2017, dont 25 % pour Transavia France. Cette forte croissance s’accompagne, qui plus est, d’une recette en hausse de 8,4 %.

Une facture carburant plus chère

La grève impactant forcément son logiciel – chaque jour coûte 25 à 30 millions d’euros, la direction a dû revoir à la baisse certaines de ses prévisions pour 2018. Ainsi la croissance des capacités annoncées jusqu’ici entre 3 et 4 % a-t-elle été ramenée entre 2,5 et 3,5 % (en termes de « sièges-kilomètres offerts ») et le coût unitaire qui devait baisser de 1 à 1,5 % est désormais attendu entre 0 et 1 %.

Un dernier facteur enfin, vient assombrir l’horizon d’Air France-KLM : le cours du baril de pétrole. Depuis quelques jours le prix s’est établi au-delà des 70 dollars. A ce niveau, la facture carburant du groupe devrait s’alourdir de 350 millions d’euros cette année.

L’écart se creuse avec la concurrence

Ces résultats d’Air France-KLM creusent également l’écart avec les performances de la concurrence. Sur le premier trimestre, le groupe IAG, maison-mère de British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus et Level, a dégagé un résultat d’exploitation record de 280 millions d’euros, en hausse de 75 %, et un résultat net de 794 millions, pour un chiffre d’affaires de 5 milliards, en hausse de 2,1 %.

Bruno Trevidic
lesechos

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