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Résultats : le CAC 40 réalise sa meilleure année depuis 2010

Résultats : le CAC 40 réalise sa meilleure année depuis 2010

Les profits du CAC 40 ont bondi de 32,6 % à près de 74 milliards d’euros.
BNP Paribas, Axa et Total affichent les plus gros bénéfices de l’indice.

2071313_0211864062852_web_teteC’est une année exceptionnelle pour le CAC 40 : un bénéfice de 73,92 milliards d’euros pour les 38 sociétés ayant un exercice calendaire, selon Ricol Lasteyrie Corporate Finance, soit une progression de 32,6 %. Si l’on ajoute les résultats de Pernod Ricard (exercice clos fin juin 2016) et ceux de Sodexo (clos fin août), les profits montent à 75,8 milliards d’euros… Il faut remonter à 2010 pour trouver trace d’un exercice aussi prolifique. « Il y a un effet de base important à signaler, le montant des dépréciations d’actifs a fortement diminué, passant de 25 milliards en 2015 à environ 10 milliards », note Alban Eyssette chez Ricol Lasteyrie CF, mais « globalement, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas été à ces niveaux ».

Le podium de 2016 reste identique à celui de 2015 : BNP Paribas (7,7 milliards d’euros) devance toujours AXA (5,8 milliards) et Total (5,6 milliards). « Ce sont des résultats très solides » pour les banques, constate Régis Lefort chez Talence Gestion, « dans un environnement défavorable, avec les taux zéro, qui n’aide pas à améliorer les marges dans leurs métiers de base. 2017 devrait être meilleure, même si les dirigeants se montrent prudents. »

Trois groupes financiers dans le Top 5

Avec trois groupes dans le Top 5, le secteur financier contribue pour un tiers des résultats du CAC 40, mais il a globalement moins progressé que le reste, puisque, hors secteur financier, la progression est encore plus spectaculaire (+45,6 %), avec des redressements très forts pour Bouygues (+81 %), Michelin (+43 %), Klépierre (+333 %), Peugeot (+92 %), Solvay (+53 %) ou Technip (bénéfice multiplié par 9). Certaines semblent enfin sortir du tunnel. Si Carlos Tavares chez Peugeot parle d’un « environnement adverse », il estime que le groupe « construit les conditions pour une croissance soutenue et profitable ». Dans les télécoms, Martin Bouygues se félicite lui que « l’épisode boucherie se termine », en référence à l’arrivée de Free dans le mobile il y a cinq ans. Jean-Marc Jestin chez Klépierre évoque lui « la meilleure performance de Klépierre depuis 2012 ».

Comme en 2015, trois sociétés affichent encore des pertes : Engie, qui a divisé son déficit par 10, mais aussi Nokia-Alcatel et Publicis. En revanche, ArcelorMittal et Lafarge sont repassés dans le vert. « Dans l’ensemble, les publications sont plutôt bonnes, en termes de résultats, mais aussi de perspectives avec des discours plus positifs pour 2017, souligne Régis Lefort. Il y a, au final, peu de déceptions, exceptés Vivendi, pénalisé par Canal+, et dont on a du mal à suivre la stratégie, Veolia, qui a reporté d’un an ses objectifs, ou Danone, dont le ralentissement de la croissance a déçu. »

Une ombre au tableau

Seule ombre au tableau : le chiffre d’affaires global, stable sur un an à 1.214 milliards d’euros. « Il y a des effets de zone qui se compensent entre la reprise aux Etats-Unis, la croissance ralentie des émergents et un effet devise encore négatif, mais on remarque quand même que, sur les 26 entreprises du CAC 40 qui donnent cette indication, la croissance organique atteint 1,5 % en médiane (contre +0,5 % en 2015) », tempère Alban Eyssette, qui ajoute : « Dans un contexte d’activité encore faible, avec un effet devise négatif (rouble, peso mexicain ou argentin), il y a quand même une amélioration de la profitabilité opérationnelle, fruit des réorganisations et des programmes de maîtrise des coûts mise en oeuvre par les entreprises. » Conséquence, la marge opérationnelle du CAC 40 est passée en un an de 6,2 % à 7,7 % du chiffre d’affaires.

Au final, les entreprises du CAC n’ont pas à rougir face au puissant voisin allemand. Sur la base des 22 sociétés du Dax 30 ayant publié leurs résultats, Alban Eyssette précise que le chiffre d’affaires est aussi stable, avec des bénéfices en hausse de 30 %. « Mais si l’on exclut le redressement de Volkswagen et de Deutsche Bank en Allemagne, d’Engie et d’Arcelor en France, les bénéfices augmentent de façon similaire : +5 %. »

Pierrick Fay,
Les Echos

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