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Romuald Yonga, un cœur et une tête pour les marchés financiers africains

Romuald Yonga, un cœur et une tête pour les marchés financiers africains

Sa plateforme d’information boursière est devenue une référence pour les acteurs du secteur et tous ceux qui cherchent à en savoir plus ou à investir sur les marchés boursiers africains. Lui, c’est Romuald Yonga, un ingénieur financier qui a décidé de tourner le dos à une carrière prometteuse en banque d’affaires à Paris pour construire son rêve africain avec African Markets. Portrait.

Aucune place boursière en Afrique n’a de secret pour ce passionné des marchés financiers. Romuald Yonga, 31 ans, passe ses journées entre la recherche d’information boursière, les réunions et échanges avec les partenaires, les analyses des performances boursières, ainsi que les travaux autour du développement technique de la plateforme African Markets et de la société immatriculée en Belgique où est installé son associé, Jean Julien Ilunga également financier et entrepreneur.

De Douala à Paris

Souvent qualifié de « banque de données de l’économie africaine », African Markets est un site d’information bilingue (anglais et français) dédié aux marchés financiers africains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Ici, les performances de toutes les bourses du continent ayant une activité, des études, analyses, statistiques etc…sont mis à la disposition d’un public averti, en l’occurrence les investisseurs. La plateforme est d’ailleurs devenue une référence en la matière pour diverses organisations, ainsi que la presse panafricaine et même internationale. Un projet dont l’idée émerge alors que Romuald Yonga est en poste chez BNP Paribas à Paris.

Né à Douala au Cameroun d’un père banquier et d’une mère femme d’affaires, au milieu d’une fratrie de sept enfants, c’est comme naturellement que Romuald Yonga reçoit les « gènes » de la finance. Une fois son baccalauréat en poche, le jeune homme s’envole pour Paris où il intègre l’Ecole supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci pour en ressortir, en 2009, diplômé en Ingénierie financière. Avant de rejoindre BNP Paribas, il passe par le groupe BPCE et Crédit agricole où il travaillera respectivement en tant que Risk Quantitative Analyst et Exotics Interest Rates Derivatives.

C’est au cours de ces expériences que, l’ingénieur financier se passionne des marchés africains. Remarquant un cruel manque d’information à ce propos, conjugué à une certaine dynamique naissante sur les places africaines, il ressent le besoin de combler cette lacune. Et c’est ainsi que né African Markets en 2012.

« Il était facile d’être informé au sujet des bourses occidentales et autres, mais tellement difficile de savoir ce qui se passait en Afrique à ce niveau »
, explique-t-il dans un entretien avec La Tribune Afrique.

L’heure de décision

De fil en aiguille, l’ingénieur financier développe la plateforme sur son ordinateur personnel. La rencontre avec Jean Julien Ilunga -également chez BNP Paribas Bruxelles à l’époque- l’encouragera davantage. « Afro-optimiste et également passionné des marchés africains, il a su me montrer que je n’étais plus seul dans ce combat pour débloquer le potentiel des bourses africaines », confie M. Yonga. Il a continué à travailler dessus à ses heures libres jusqu’au jour où il se décidera à sauter le pas, quitter son poste pour se concentrer à son projet. Une épreuve !

« C’était extrêmement difficile, surtout parce que l’on se pose énormément de questions, dont la principale est celle de savoir si on pourra payer les factures. Ensuite il y a l’entourage, ceux qui vous encouragent à vous lancer, et ceux qui vous en dissuadent, chacun avançant ses arguments. J’avais d’un côté un travail épanouissant, un bon salaire et de belles perspectives d’évolution, et de l’autre le rêve que je souhaitais hisser au sommet, ma plateforme African Markets, développée peu à peu chaque soir de retour du boulot, au prix d’une moyenne de sommeil de 3 ou 4 heures par nuit, et qui suscitait de plus en plus d’engouement et présentait un réel potentiel », explique M. Yonga, soulignant qu’il a préféré prendre le risque plutôt que passer le reste de sa vie à se demander ce que cela aurait donné s’il s’était lancé à plein temps dans son projet.

« Faire d’African Markets le Bloomberg africain »

Depuis avril 2015 que c’est chose faite, Romuald Yonga est entière dévoué à African Markets. En sa qualité de « travailleur acharné », il se n’arrête pas tant qu’il n’arrive pas à achever ce qu’il commence ou à trouver la solution à un point incompris sur les marchés financiers africains. Surtout qu’en sa qualité d’investisseur sur les bourses africaines, il se donne l’obligation d’être au parfum des mouvements des marchés pour « faire, s’il y a lieu, des ajustements au niveau de mon portefeuille ». Mais grand fan de musique africaine « surtout celle d’Afrique de l’Est -Tanzanie et Ouganda- ainsi que la rumba congolaise », celle-ci n’est jamais loin pour l’aider à travailler sans pression.

Toutefois, quand il n’est pas à la tâche pour le développement d’African Markets, l’ingénieur financier, fan de NBA, regarde « religieusement (presque) tous les matchs » de Basket Ball, passe du temps avec ses proches et travaille au développement d’autres projets. Parmi eux, le forum sur les bourses Africaines à Paris dont la première édition devrait avoir lieu avant fin 2017. « Il s’agira de rencontres, informations, débats et échanges autour des bourses africaines, nous espérons en faire un rendez-vous annuel », explique-t-il.

Avec son associé et leurs équipes, il travaille également au lancement « dans quelques mois » de l’application mobile et tablette African Markets. A plus long terme, l’ingénieur financier souhaite donner une plus grande dimension à sa plateforme :

« Je souhaite que l’on puisse acheter et vendre des titres directement sur la plateforme ou l’application mobile. Je souhaite faire d’African Markets le Bloomberg africain ».
L’ingénieur financier prépare également, discrètement, un projet pour contribuer au développement du marché financier de son pays d’origine. « Malgré le potentiel énorme du pays, de ses sociétés, de ses ressources et de sa population, la Douala Stock Exchange est dans un état quasi dormant, avec seulement 3 sociétés cotées, et presque aucune activité. Son développement serait bénéfique pour les entreprises locales et pour l’économie ».

La Tribune Afrique

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