Accueil / Finances / Russie : les faillites se multiplient dans le secteur bancaire

Russie : les faillites se multiplient dans le secteur bancaire

Russie : les faillites se multiplient dans le secteur bancaire

La banque centrale de Russie estime qu’une banque sur cinq rencontre des “difficultés. Elle a dû fermer cinq établissements en une semaine.

En février la faillite de SB Bank, le 85e établissement bancaire de Russie , avait suscité un certain émoi. Depuis, la situation a empiré. Le vice-président de la Banque centrale russe, Mikhail Sukhov, a estimé le 20 mars que 22 % banques et organismes de crédit rencontraient des “difficultés”. Et de fait, les faillites se multiplient. Ainsi, la Banque centrale a-t-elle, vendredi encore, fermé deux petites banques; ce qui porte à cinq le nombre d’établissements mis en faillite en une semaine.

Hansakombank, 648e banque du pays par les actifs, a été fermée car elle ne respectait pas la réglementation en termes de blanchiment d’argent et constituait “un maillon dans un nombre important de transactions douteuses effectuées par ses clients”, a expliqué la banque centrale dans un communiqué. Sa consoeur Idealbank, classée 792e , a connu le même sort car elle ne respectait pas les exigences de capital et menait une politique de crédit jugée trop risquée, selon la même source.

Lundi, la Banque centrale avait retiré leurs licences bancaires à Tikhookeanski Vnechtorgbank (340e) pour insuffisance de capital et à Transnatsionalny Bank (185e) et Ipotek Bank, toutes deux pour des transferts douteux vers l’étranger. Fin mars, Congress Bank et de Dagenergokbank -principale institution financière de la République du Daguestan, avaient été contraintes de baisser rideau pour “violation des lois bancaires et politique de crédit risqué”.

Prêtes pour la concentration

Depuis le début de 2014, une centaine de banques ont disparu. Et ce n’est qu’un début. Interrogé mercredi par Bloomberg , Christopher Weafer, associé principal chez Macro Advisory -un cabinet de consulting basé à Moscou, estimait : “La Russie compte beaucoup trop de banques. Réduire leur nombre de 200 à 300 unités serait une étape très positive”. Le système bancaire russe comptait en effet à la fin du mois de mars 821 établissements. En majorité de taille très modeste – ce qui les rend vulnérable à la crise monétaire actuelle, ces établissements hérités de la libéralisation des années post-soviétiques se livrent souvent à des pratiques douteuses.

Un tel dégraissage présenterait l’avantage de renforcer la domination des grandes banques d’Etat comme Sberbank et VTB Group, vers qui se tournent les clients en quête de sécurité. Parallèlement certaines banques moyennes, comme Alfa Bank qui appartient au milliardaire Mikhail Fridman, ont fait savoir qu’elles étaient prêtes à participer à un mouvement de concentration dans le secteur. Vladislav Khokhlov, le directeur général adjoint Promsvyazbank (11e), a prédit une vague d’opérations dans les 18 prochains mois. Un déclencheur provoquera cette vague de M&A : l’inflation des les créances douteuses. L’agnce de notation financière Moody’s a en effet estimé mercredi que le le taux de créances douteuses des banques russes atteindrait à 15 % à la fin de 2015 contre 9,5 % au début l’année.

Après l’effondrement du rouble de la mi-décembre, les autorités ont mis sur pied un vaste plan du secteur de 1.000 milliards de roubles (18,2 milliards d’euros) mais elles ont prévenu que cette enveloppe servirait à aider les banques à financer l’économie et non à sauver les établissements trop faibles.

Jean Michel Gradt
lesechos.fr

Aller en haut