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Safran parvient enfin à mettre la main sur Zodiac

Safran parvient enfin à mettre la main sur Zodiac

PARIS (Reuters) – Safran (PA:SAF) est entré en négociations exclusives avec Zodiac Aerospace (PA:ZODC) en vue du rachat de celui-ci via une OPA de 8,55 milliards d’euros, six ans après avoir été vertement éconduit, marquant une nouvelle étape de la consolidation du secteur trois mois après une méga-fusion aux Etats-Unis.

L’équipementier aérospatiale et militaire, qui s’est désengagé en 2016 de la sécurité afin de se renforcer dans l’aéronautique, et Zodiac, pénalisé par des retards de livraisons, donneront naissance à un ensemble d’environ 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 2,7 milliards de résultat opérationnel courant.

Safran précise jeudi dans un communiqué proposer 29,47 euros par action Zodiac, soit une prime de 26,4% par rapport au cours de 23,310 euros de Zodiac mercredi en clôture.

L’action Zodiac s’adjugeait 20,21% à 28,02 euros vers 9h45, sa meilleure performance en 30 ans, portant sa capitalisation à 8,13 milliards d’euros, tandis que Safran s’adjugeait 2,79% à 69,15 euros (soit une capitalisation de 28,8 milliards).

“L’acquisition de Zodiac nous semble assez attractive”, estime dans une note Sandy Morris, analyste chez Jefferies, notant aussi l’effet du dividende exceptionnel prévu sur l’action Safran.

L’OPA sera en effet suivie d’une fusion sur la base de 0,485 action Safran après détachement d’un dividende exceptionnel pour 1 action Zodiac Aerospace, Safran précisant en outre qu’il continuera à redistribuer environ 40% de son résultat net ajusté sous formes de dividendes.

Ce rapprochement succède au rachat en octobre de B/E Aerospace par Rockwell Collins aux Etats-Unis, au moment où Airbus (PA:AIR) et Boeing (NYSE:BA) augmentent leur production d’avions pour répondre à des commandes massives liées à la hausse prévue du trafic aérien notamment en Asie.

Safran espère finaliser son OPA au quatrième trimestre 2017 et la fusion début 2018.

Le groupe verserait en outre à ses actionnaires un dividende exceptionnel de 5,50 euros par action, soit un total de 2,3 milliards, avant la clôture de l’opération.

Safran compte financer la partie en numéraire et le dividende exceptionnel avec sa trésorerie et ses lignes de crédit disponibles ainsi qu’avec un prêt-relais de quatre milliards d’euros.

Il précise qu’il devrait afficher un ratio dette nette ajustée/Ebitda ajusté d’environ 2,5 fois à l’issue de l’opération.

ZODIAC ÉTAIT OUVERT A UNE OFFRE “RAISONNABLE”

Pénalisé par des retards récurrents de livraisons de sièges et de cabines, l’équipementier Zodiac Aerospace s’était dit en mars 2016 ouvert à toute offre de rachat “raisonnable et conforme à ses intérêts”.

Tancé publiquement par le PDG d’Airbus Fabrice Brégier, Zodiac Aerospace, qui fournit notamment les toilettes de l’A350, a multiplié les ‘profit warnings’.

Le directeur général de Safran Philippe Petitcolin s’est dit confiant dans la “remise à niveau” des performances de Zodiac.

Il a assuré que la fusion ne détournerait pas Safran de son principal objectif, l’entrée en service du moteur LEAP destiné aux monocouloirs et qui doit succéder au CFM56 dans le cadre d’une coentreprise à parité avec General Electric (NYSE:GE).

Safran précise aussi qu’il prévoit que son conseil d’administration proposera de reporter l’âge limite du directeur général de 65 à 68 ans lors de l’assemblée générale annuelle prévue le 15 juin, permettant à Philippe Petitcolin de rester en poste au-delà de 2017, année de ses 65 ans.

A ses côtés, Ross McInnes conservera son poste de président du conseil du nouvel ensemble tandis qu’Olivier Zarrouati, président du directoire de Zodiac Aerospace, deviendra directeur général délégué.

Philippe Petitcolin a précisé que les synergies tirées de l’opération pourraient être “beaucoup plus” élevées que les 200 millions d’euros annuelles avant impôts d’ores et déjà identifiées.

Il a précisé ne pas identifier de “recouvrements” importants dans les activités des deux groupes et ne pas attendre de réductions d’effectifs notables.

Safran estime aussi que l’opération aura un effet relutif supérieur à 10% sur le résultat net par action dès le premier exercice complet post fusion.

“Nous ne pensons pas que l’activité de services de Zodiac soit de la même qualité que celles générées par Safran dans les moteurs”, souligne Sandy Morris (Jefferies). “Mais cela dit, il vaut probablement mieux tenir que courir”.

Les familles fondatrices de Zodiac, FFP (famille Peugeot (PA:PEUP)), le Fonds Stratégique de Participations et l’Etat entendent rester actionnaires de référence de Safran, avec environ 22% de son capital, et une fois l’opération finalisée, signer un pacte d’actionnaires prévoyant une clause d’incessibilité de deux ans.

Le fait que la structure de l’actionnariat de Safran se complique est l’un des inconvénients de l’opération, estime Sandy Morris (Jefferies).

Plusieurs familles détiennent un total 23,8% du capital et 36,6% des droits de votes de Zodiac, FFP Invest (famille Peugeot) ayant de son côté 5,2% du capital et 7,3% des droits de vote.

L’Etat français détient, lui, encore 14% de Safran après s’est désengagé partiellement.

Bank of America Merrill Lynch et Lazard sont les conseils financiers de Safran, tandis que BNP Paribas (PA:BNPP) et Rothschild sont ceux de Zodiac.

Cyril Altmeyer
Tim Hepher
reuters

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