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Samsung : 12 ans de prison ferme requis contre l’héritier du groupe

Samsung : 12 ans de prison ferme requis contre l’héritier du groupe

Lee Jae-yong est accusé d’avoir versé des pots-de-vin dans le cadre du scandale qui a coûté son poste à l’ancienne présidente sud-coréenne Park Geun-hye.

Les juges indépendants sud-coréens ont décidé d’avoir la main lourde dans le cadre du scandale de corruption qui a déjà coûté son poste à l’ancienne présidente, Park Geun-hye.

Ils ont en effet requis une peine de 12 ans de prison ferme à l’encontre de Lee Jae-yong , l’héritier de l’empire Samsung et vice-président de Samsung Electronics, accusé d’avoir versé des pots-de-vin dans le cadre de ce scandale.

« Difficile d’effacer les doutes »

« C’est un crime de corruption typique, basé sur une alliance entre des politiques et des hommes d’affaires, qui a mis en péril nos valeurs constitutionnelles », a expliqué au juge le procureur indépendant Park Young-soo, qui a dirigé l’enquête.

« Durant le déroulement de l’enquête, il a été difficile d’effacer les doutes sur le fait que Samsung, une firme qui représente 18 % de notre PIB, existe seulement pour son dirigeant et le transfert de son pouvoir », a-t-il encore ajouté.

« Je ne peux pas représenter Samsung en tant qu’homme d’affaires »

L’héritier de l’empire Samsung, au bord des larmes, a une nouvelle fois clamé son innocence. « Je n’ai jamais rien demandé à personne, y compris à la présidente, pour le compte de l’entreprise ou pour mon intérêt personnel », a-t-il déclaré à la barre.

« Aussi imprudent que je sois, je ne le suis pas assez pour causer du tort au service des retraites, qui possède l’épargne de toute une vie de gens ordinaires », a-t-il encore ajouté en larmes, ce qui l’a obligé à interrompre à plusieurs reprises sa déposition.

« C’est un malentendu sérieux, et je pense effectivement que l’on me le reproche à tort. Tant que ce malentendu n’est pas dissipé, je ne peux pas représenter Samsung en tant qu’homme d’affaires. »

35 millions d’euros promis

Dans le détail, Lee Jae-yong, inculpé en février , est notamment accusé d’avoir promis 43 milliards de wons (35 millions d’euros) à une entreprise et des fondations créées par Choi Soon-sil, amie et confidente de Park Geun-hye, en échange de l’appui de la caisse publique des retraites à un projet de fusion de deux filiales de Samsung en 2015.

Le parquet estime qu’à travers ce financement, l’héritier de Samsung s’est assuré le vote crucial du Service national des retraites pour la fusion avec Cheil Industries Inc., ce qui lui a permis de devenir le premier actionnaire de la nouvelle entité – appelée aujourd’hui Samsung C & T. Cette dernière contrôlant à son tour une part du capital de Samsung Electronics.

«Une construction fictive »

La défense a, pour sa part, nié toute malversation de Lee Jae-yong et se demande si les motivations du parquet ne sont pas liées à la volonté d’infliger coûte que coûte une peine de prison à l’héritier de l’empire Samsung.

Pour eux, les accusations à l’encontre de leur client sur ce projet de fusion entre deux filiales de Samsung sont « une construction fictive » élaborée par les juges.

CLAUDE FOUQUET
lesechos.fr

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