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San Francisco : le PDG de Salesforce ravive la guerre des milliardaires

San Francisco : le PDG de Salesforce ravive la guerre des milliardaires

Marc Benioff soutient une proposition de taxe pour financer l’aide aux sans-abri. Et charge violemment ses opposants, dont Jack Dorsey, PDG de Twitter.

Avares, les patrons de la tech américaine ? Marc Benioff, PDG de Salesforce, ne cesse de le répéter.

Ce mardi dans le « Guardian », le fondateur de l’éditeur de logiciels a violemment chargé ses confrères milliardaires basés comme lui à San Francisco, qui « accumulent » une immense fortune mais refuse d’aider les sans-abri, dont le nombre ne cesse de croître au sein de la ville californienne.

Marc Benioff, 54 ans, s’est lancé dans une croisade pour que les grandes entreprises de San Francisco – y compris la sienne – payent une taxe appelée « Proposition C ». Celle-ci s’appliquerait à la part des recettes brutes au-delà de 50 millions de dollars et servirait à financer des programmes de logements et de soins. La mesure, qui permettrait de récolter entre 250 et 300 millions de dollars par an, doit être mise au vote le 8 novembre.

Affrontement à distance avec le PDG de Twitter

« Le mal-logement est de notre responsabilité et c’est pourquoi nous supportons la Proposition C », tweetait Marc Benioff le 9 octobre dernier. « Ensemble, nous pouvons régler l’un des problèmes les plus complexes de notre ville ».

Une sortie critiquée par Jack Dorsey, PDG de Twitter, dont le siège est installé à San Francisco. « Je souhaite moi aussi aider à régler le problème du mal-logement, mais je ne crois pas qu’il s’agisse de la meilleure manière », avait-il jugé sur le réseau social.

La maire de San Francisco opposée à la taxe

Le philanthrope de 54 ans s’est également attaqué à la plate-forme de paiement Stripe, récemment valorisée à 20 milliards de dollars et qui a financé, à hauteur de 400.000 dollars, une campagne contre le projet de taxe. « Ils ont pris 20 milliards grâce à San Francisco et ils ne sont pas prêts à en redonner une partie. N’est-ce pas merveilleux ? », a ironisé Benioff auprès du quotidien britannique, affirmant qu’il était disposé de son côté à donner deux millions de dollars pour soutenir la mesure.

« Je ne pense pas que doubler la somme que nous dépensons pour le mal logement soit une bonne idée, alors que nous n’utilisons pas l’argent dont nous disposons déjà de manière efficace », a pour sa part estimé la maire de la ville, London Breed, opposée à la Proposition C.

En 2017, le département américain du Logement et du Développement urbain dénombrait plus de 6.800 personnes vivant dans les rues de San Francisco, dont plus d’un millier de mineurs.

Florian Maussion
lesechos

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