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Santander sauve l’espagnole Banco Popular de la faillite

Santander sauve l’espagnole Banco Popular de la faillite

Si Santander acquiert Popular pour 1 euro, elle devra lancer une augmentation de capital de plus de 7 milliards d’euros pour couvrir les provisions et le capital nécessaire au redressement de la banque.

Banco Santander rachète sa concurrente Banco Popular Español, au bord de la faillite, pour un euro symbolique. Cette dernière continuera à fonctionner dans des “conditions commerciales normales après que toutes les actions de la banque et les instruments d’immobilisations auront été transférés à Santander”, a déclaré le Conseil de résolution unique (CRU) de l’Union européenne, un des trois piliers de l’Union bancaire (1) dans un communiqué publié mercredi .

Pour couvrir les provisions et injecter le capital nécessaire au redressement de Popular, septième banque espagnole par la capitalisation, Santander devra lancer une augmentation de capital de plus de sept milliards d’euros.

Derrière cette opération, on trouve la Banque centrale européenne (BCE) qui a en effet jugé que Banco Popular Español était en situation de dépôt de bilan ou susceptible de l’être. “La détérioration significative de la liquidité de la banque ces derniers jours a conduit à établir que l’entité aurait, dans un futur proche, été incapable de rembourser ses dettes ou d’honorer d’autres engagements à la date d’échéance”, a expliqué l’institut d’émission.

Une première pour le Mécanisme de résolution unique européen

La BCE a donc informé le Mécanisme de résolution unique européen (MRU) _ qui a pour objectif de permettre une résolution ordonnée des défaillances des banques de la zone euro qui ont choisi d’adhérer à l’union bancaire _ et c’est lui qui a décidé de la vente. Une première.

“L’opération se mène sans utilisation de ressources publiques et sans que ne se produise ainsi une éventuelle contagion entre risque souverain et bancaire”, a souligné le ministre espagnol de l’Economie, Luis de Guindos. Et d’ajouter que la reprise de Popular était une bonne chose, qu’elle n’aurait aucun impact sur les finances publiques et que Popular “resterait isolé”.

Et c’est justement la raison pour laquelle cet organisme est intervenu, via son bras armé, le Conseil de résolution unique (CRU). “La décision prise aujourd’hui montre que les outils donnés aux autorités de résolution après la crise (de 2008, ndlr) permettent de protéger efficacement les déposants de Banco Popular et les fonctions critiques de la banque en évitant des conséquences néfastes sur la stabilité financière et l’économie réelle ; ceci, sans recourir à des fonds publics”, s’est félicitée la présidente du CRU, Elke König. Cette vente participe aussi de la stabilité financière en Espagne et au Portugal, où Banco Popular possède une filiale.

Créances immobilières douteuses

A la mi-mai, Santander, première banque d’Espagne, et Bankia, contrôlée par l’Etat espagnol, étaient apparues comme les candidats les plus probables au sauvetage de Banco Popular. Dix ans après l’éclatement de la bulle immobilière en 2007, celle-ci peine toujours à éponger l’impact de la dévalorisation de son portefeuille immobilier : 37 milliards d’actifs non productifs continuent de plomber ses comptes. Ces actifs toxiques l’ont forcée à provisionner 5,7 milliards d’euros en 2016, causant une perte nette de 3,5 milliards. Ce qui a empêché toute remise à flot malgré une série d’augmentations de capital (5 milliards d’euros au total en cinq ans, mais il lui en faudrait encore autant).

En Bourse, l e titre Banco Popular qui ne vaut plus que 0,317 EUR aujourd’hui , avait chuté de plus de moitié après que le CRU eut fait savoir que, faute de repreneur, la banque risquait la liquidation.

Santander, qui n’avait jusqu’ici repris aucun “canard boiteux” durant la crise bancaire ibérique, a estimé que l’achat de Popular allait accélérer la croissance et la génération de bénéfices “à partir de 2019″. Au préalable, Santander, qui a confirmé ses objectifs financiers pour 2017 et 2018, devra constituer 7,9 milliards d’euros de provisions destinées à couvrir le passif douteux ou irrécouvrable de sa cible. L’opération devrait enfin produire environ 500 millions d’euros de synergies par an à partir de 2020.

A l’annonce du rachat de Popular, le titre Santander a, lui, chuté de 3% à ‘ouverture de la Bourse de Madrid.

lesechos

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