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Scandale Mitsubishi: le groupe incapable de prévoir l’avenir

Scandale Mitsubishi: le groupe incapable de prévoir l’avenir

Le groupe automobile japonais Mitsubishi Motors Corporation (MMC) a différé mercredi l’annonce de prévisions de résultats pour 2016-17, afin d’évaluer les répercussions du scandale révélé il y a une semaine qui a déjà fait plonger ses commandes de moitié dans l’archipel.

Le constructeur a avoué des manipulations de données sur plusieurs modèles de mini-voitures dans le but d’embellir leurs performances énergétiques. Et le problème pourrait s’étendre, alors que MMC a reconnu mardi avoir utilisé des tests non homologués au Japon depuis 25 ans.

«Les estimations ont été reportées afin d’examiner avec précision l’impact» de cette affaire, a déclaré MMC dans un communiqué.

«Il est difficile de mesurer avec exactitude l’effet que ce problème aura sur nos ventes», a commenté le patron du groupe, Tetsuro Aikawa, lors d’une conférence de presse.

«Les commandes ont quasiment plongé de moitié au Japon» depuis l’annonce de la fraude, a-t-il précisé. «Cette situation est grave et je la prends très au sérieux».

Il a par ailleurs dit «ne pas avoir reçu d’informations à ce stade quant à l’impact sur les marchés étrangers».

Face à cette affaire désastreuse pour sa réputation, déjà ternie par des camouflages de défauts sur divers véhicules dans les années 2000, MMC est dans une bien mauvaise posture.

«Sincèrement, je ne peux que m’excuser», a insisté M. Aikawa, tout en rejetant les rumeurs de démission évoquées dans la presse. «Je ferai tout pour résoudre ce problème», a-t-il encore assuré.

Pour l’heure, 625.000 voitures fabriquées depuis 2013 sont concernées, dont 468.000 produites pour son compatriote et partenaire Nissan, mais ce chiffre va grimper au vu des dernières révélations.

Quoi qu’il en soit, la facture sera lourde, menaçant la survie même de la compagnie malgré les dénégations de son responsable. «A l’heure actuelle, nous n’avons pas l’intention de nous retirer du secteur automobile», a ainsi assuré Tetsuro Aikawa.

- Résultats en demi-teinte -

Mitsubishi Motors va probablement devoir verser des compensations financières à Nissan et aux nombreux particuliers floués, qui ont consommé plus de carburant qu’escompté. Il lui faudra aussi peut-être rembourser les ristournes fiscales, sans compte d’éventuelles amendes et poursuites judiciaires.

Avant même ce scandale, le constructeur a connu un exercice 2015-16 mitigé.

Sur l’année écoulée, qui s’est achevée fin mars 2016, il a vu son bénéfice net chuter de 25%, à 89,1 milliards de yens (669 millions d’euros au taux retenu par le groupe), une baisse qui s’explique par les frais liés à l’arrêt de la production aux Etats-Unis.

Le bénéfice d’exploitation, qui n’a pas été affecté par cet élément, est pour sa part ressorti en hausse de 2%, à 138,4 milliards de yens, aidé par des réductions de coûts, mais le renforcement du yen en fin de période a pesé sur l’activité, a souligné le groupe.

Par ailleurs, si le chiffre d’affaires a augmenté de 4%, à 2.267,8 milliards de yens (17 milliards d’euros), les ventes en volume ont décliné d’autant, à 1,048 million d’unités.

Dans sa patrie, le constructeur a déploré un recul de 11% des ventes, imputable aux mini-véhicules, un segment traditionnellement dynamique mais qui a été fortement ébranlé l’an dernier par une augmentation de taxe.

L’action Mitsubishi Motors a encore cédé 2,76% mercredi à la Bourse de Tokyo après avoir abandonné plus de 50% en une semaine.

Après les perquisitions et investigations menées par le ministère japonais des Transports, l’Agence américaine de protection de l’environnement a aussi décidé de lancer une enquête sur la consommation réelle des automobiles Mitsubishi Motors par rapport à celle déclarée, d’après l’agence Bloomberg News, citant un porte-parole de l’organisme.

20minutes.fr

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