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Secteur minier au Burkina : George McIssac , Ingénieur – Economiste minier partage sa lecture de la situation

Secteur minier au Burkina : George McIssac , Ingénieur – Economiste minier  partage  sa lecture de  la situation

Présent au Burkina Faso le 2 avril dernier, dans le cadre d’une formation des journalistes sur le module « Mining 101 » organisé par l’Institut canadien des mines, l’entreprise minière Essakane et la Chambre des mines du Burkina Faso, George McIsaac a décrypté les enjeux de l’exploitation minière au Burkina Faso pour l’occasion à travers une interview accordée à nos confrères du journal L’Economiste.

Ingénieur et économiste minier à l’université Queens de Toronto, George McIsaac est un consultant International qui a longtemps travaillé au Chili dans le secteur minier. Principal communicateur lors de la formation sur le module « Mining 101 » ou « Notions de base en exploitation minière », il explique : « Mine 101 est une base technique qui permet d’avoir une idée générale des techniques utilisées par une compagnie minière dans le but de faire de l’exploitation, de mettre la mine en production, de faire l’usinage pour aller récupéré le minerai, et extraire l’or de la roche.» En fait, ce module est un « parchemin » qui permet aux sociétés minières de schématiser les dépenses d’installation, de connaître les prévisions sur la rentabilité économique des minéraux et le potentiel économique du gite, etc.

La lecture de la situation minière au Burkina : de bonnes perspectives selon George McIsaac

Pour le spécialiste en mine, le plus grand avantage du Burkina Faso, est que l’exploration minière est assez nouvelle donc les gisements que l’on peut découvrir vont être proches de la surface de la terre ; les roches sont aussi propices avec beaucoup de potentiels miniers. Ce qui signifie que dans les 10 ou 15 prochaines années, la probabilité de trouver plusieurs gisements, et les mettre en production sera grande insiste-t-il.
Mais, ajoute –t-il, le Burkina Faso n’ayant pas d’accès à la mer, le coût d’importation de tous les matériaux est aussi élevé. En plus, le pays ne génère pas assez d’électricité pour les mines. Donc celles-ci sont obligées de produire leur propre électricité, ce qui engendre plusieurs frais. Le coût de la main d’œuvre est aussi élevé. L’activité minière est récente au Burkina Faso et en matière de main d’œuvre le coup de la formation des jeunes est élevé. Si l’on compare le Burkina Faso avec un pays comme le Canada, on se rend compte que pour produire une tonne de minerai, on emploie trois(3) fois plus de personnel au Burkina Faso souligne-t-il. Selon McIsaac ces désavantages seraient la faveur en matière fiscale accordée aux entreprises minière au Burkina.

Chute du coût de l’or : il faut baisser les coûts de production

Face à la baisse du coût de l’or ces dernières années, les compagnies minières, doivent réagir en procédant à une baisse de leur coût de production pour garder leur marge productive, préconise l’Ingénieur et Economiste minier, George McIsaac. Cette marge se dégage lorsqu’on fait la différence entre les coûts de production et le prix de l’or ajoute McIsaac. Les coûts de production comportent non seulement les coûts associés à la production pour l’année en cours c’est-à-dire l’argent décaissé, mais aussi les coûts associés à la préparation des prochaines années. Au fur et à mesures que les coûts de l’or baissent les sociétés vont faire des coupes sur les coûts de production justement pour garder la marge de profit. Les coûts de production incluent minage, l’usinage les coûts administratifs, les coûts de maintien de l’année en cours, et les coûts de la préparation de production des prochaines années.
Cette lecture de la situation laisse voir une industrie minière burkinabè plus florissante à l’avenir à en croire M. George McIsaac. Il faut alors espérer qu’avec la relecture du nouveau code minier, entreprises minières, populations riveraines et l’Etat puissent trouver un accord gagnant.

Balguissa Sawadogo
ecodufaso.com

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