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Séduisant, le scénario BNP-Commerzbank ?

Séduisant, le scénario BNP-Commerzbank ?

Après les rumeurs qui ont circulé cette semaine sur un intérêt présumé d’UniCredit pour la Commerzbank, d’autres bruits de couloir sont apparus pour laisser entendre que BNP Paribas tiendrait la corde pour un éventuel rachat de la banque allemande, avec la bénédiction de Berlin, et que ce scénario paraissait plus plausible qu’un mariage italo-allemand. Chez Jefferies, Maxence Le Gouvello Du Timat est plutôt d’accord avec cette analyse, mais voit plusieurs écueils, dont un majeur, à une opération BNP Paribas-Commerzbank.

Importance systémique

Pour la banque française, la “Commerz” est une cible stratégique intéressante, selon l’analyste, car elle permettrait au groupe d’accélérer son expansion en Allemagne, un marché clairement ciblé au cours des cinq dernières années. Des synergies seraient en outre possibles en Pologne entre les deux marques. Voilà pour le côté pile. Côté face, l’apport des 487 MdsE d’actifs de la banque allemand au bilan de la BNP pourrait le conduire à 2.630 MdsE, ce qui risque de faire passer le groupe dans la catégorie réserves supplémentaires 2,5% du classement des banques d’importance systémique du Financial Stability Board, alors qu’il figure au niveau de 2% actuellement. Cela induirait environ 2 MdsE de réserves additionnelles. Actuellement, seules Citigroup et JP Morgan Chase ont un curseur placé à 2,5% dans le monde, BNP faisant partie du palier suivant avec Bank of America, Deutsche Bank et HSBC

Autre limite identifiée par Jefferies, la faiblesse de la rentabilité des activités bancaires de détail en Allemagne, qui pourrait contrarier la BNP, qui souffre déjà en Italie sur ce point-là. En outre, Commerzbank dispose d’environ 25 MdsE d’actifs non-coeur de métier, dans le naval ou l’immobilier commercial, qui ne font pas vraiment partie de la stratégie de BNP. Enfin, explique Maxence Le Gouvello Du Timat, la participation du gouvernement allemand a un prix de revient de 22 euros par action, alors que le titre, malgré la spéculation, ne cote que 11,21 euros (et 9,25 euros de moyenne depuis le 1er janvier selon notre estimation “grosse maille”).

De mon point de vue, l’élément qui pourrait changer la donne est une cession d’actifs pour financer la transaction, ajoute l’analyste, qui identifie comme cible la plus évidente de ce scénario la banque de détail américaine de la BNP, First Hawaiian Bank. En attendant une évolution, le spécialiste recommande de conserver les positions sur le dossier, valorisé 69,50 euros pièce.

boursier.com

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