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Seeking Alpha, le réseau social qui veut concurrencer les analystes

Seeking Alpha, le réseau social qui veut concurrencer les analystes

Un article de Seeking Alpha a provoqué des remous sur le titre Banc of California mercredi. Les réseaux sociaux boursiers se substituent aux analystes financiers traditionnels.

Mercredi, le titre de Banc of California a plongé de 29% pour clôturer finalement sur un gain de 18% après un article du réseau social financier Seeking Alpha , 4 millions d’utilisateurs. L’auteur de l’article, sous le pseudo Aurelius estimait que la direction de la banque était liée à Jason Galanis, un financier emprisonné. C’est un nouveau témoignage de l’influence des réseaux sociaux sur Wall Street . Ils comblent en partie le vide laissé par les banques et courtiers : un grand nombre de petites et moyennes valeurs américaines ne sont plus couvertes par des bureaux d’analyse, car elles ne sont pas assez rentables pour eux. Toutefois, les particuliers sont souvent focalisés sur quelques stars (Apple, Facebook…). Ainsi, près d’un article sur deux de Seeking Alpha porte sur des groupes dont la capitalisation boursière est comprise entre 10 et 200 milliards de dollars.

Crédibilité des recommandations

Les rédacteurs des articles de Seeking Alpha doivent divulguer s’ils sont acheteurs ou vendeurs à découvert sur une action dont ils parlent mais ils peuvent l’acheter ou la vendre à tout moment. Outre-Atlantique, les analystes professionnels ne peuvent intervenir sur une action dont ils rédigent une note, 30 jours avant sa publication et cinq jours après. La valeur réagit d’autant plus à la publication d’article sur Seeking Alpha que son auteur est investi sur ce titre ou au contraire parie sur sa chute. Du jour de la publication de l’article (1050 mots en moyenne) au lendemain, une action progresse en moyenne de 0,4% à 0,5% quand elle fait l’objet d’une recommandation d’achat par un auteur qui détient cette action (1). Le marché perçoit alors cette recommandation comme davantage crédible car son auteur prend aussi le risque de perdre de l’argent s’il a tort. Quand un article invite à vendre à découvert un titre, il chute de 1,1 à 1,4% en deux jours. Les recommandations de vente sont 10 fois moins nombreuses que celles d’achat, et les investisseurs sont particulièrement intéressés par ces idées plus rares.

Manipulations

20% des personnes rédigent 80% des articles et recommandations sur les valeurs. Mais seulement un petit nombre parviennent à prédire l’évolution d’une action dans la semaine qui suit avec un taux de succès de 75%. En effet, certains écrivent des articles pour obtenir de la visibilité, se faire connaître eux et leur société d’investissement ou de conseil. Le réseau social est ainsi une vitrine pour acquérir de nouveaux clients. Ce peut être aussi un moyen de manipuler le cours d’une action . Ce dont sont conscients les utilisateurs du site (2). 80% estiment qu’ils ont déjà identifié des tentatives de manipulation : des articles longs sans doute écrits à plusieurs, et faisant la promotion d’une valeur afin que d’autres particuliers l’achètent, permettant aux auteurs de revendre leurs titres avec un profit. 70% des utilisateurs de Seeking Alpha admettent qu’ils suivent parfois ou souvent les recommandations de la plate-forme. 83% ont confiance dans certains ou dans la plupart des rédacteurs des articles, et 16% pas du tout. Les deux tiers des auteurs des recommandations estiment que leurs articles peuvent avoir un impact sur le cours des actions, et 14% pensent que ce n’est pas le cas.

Nessim AitKacimi
lesechos

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