Accueil / Finances / Sénégal : FIDES Microfinance, ce mammouth qui bat de l’aile

Sénégal : FIDES Microfinance, ce mammouth qui bat de l’aile

Sénégal : FIDES Microfinance, ce mammouth qui bat de l’aile

Créée en 2009 par le Suisse El Sasser avant d’être rachetée en 2010 par le consortium mené par le Fonds I& P de Jean Michel Severino, la KFW, la SFI, OIKO Crédit (société d’investissement œcuménique basée en Hollande), l’ex-Financière Saint Louis devenue FIDES Microfinance Sénégal est au creux de la vague. Épilogue des tumultes et de dialogue de sourds des actionnaires.

Le docteur El Sasser, de nationalité suisse, promoteur de FIDES Groupe Holding basée en Suisse et de SMH (Strategic Management Holding), sa holding de gestion, prend une douche froide. En joint-venture avec un consortium mené par le Fonds I& P de Jean Michel Severino, ex-directeur de l’Agence française de développement, la KFW, la SFI, OIKO Crédit (société d’investissement œcuménique basée en Hollande), l’ex-Financière Saint Louis rebrandée FIDES Microfinance Sénégal en 2010 se réduit aujourd’hui à un ballon de baudruche.


 

Option de reconstitution des fonds propres


 

Malgré les soutiens tous azimuts consentis par KFW, estimés à près de 3 millions d’euros avec à la clé une ligne de crédit de 2 250 000 d’euros et une subvention de 750 000 euros, la déconfiture persiste. Sur fond de divergences des actionnaires qui partagent le même tour de table que l’allemande KFW. Ce climat délétère qui prévaut à l’intérieur de FIDES Microfinance Sénégal s’explique du fait de la disparition de la totalité du capital social. Une véritable bataille de positions empoissonne la structure. Car les actionnaires, excepté la KFW, ont décidé de mettre la société en vente au lieu de privilégier l’option de liquidation prévue dans le cadre des articles 371, 372, 373 de l’Ohada sur le droit des sociétés commerciales et des Gie.

Des sources bien informées affirment que les actionnaires ont décidé la continuation de l’activité avec option de reconstituer des fonds propres pour lesquels la société fait appel à de nouveaux actionnaires. «Il faut reconstituer les fonds propres ou liquider la société», commente un proche du dossier. Mais, le refus catégorique de KFW qui maintient son prêt subordonné de 2 250 000 millions d’euros pour pallier l’absence de fonds propres rend le processus de vente difficile. Alors que les autres actionnaires se démènent pour vendre la société à charge à l’allemande KFW pour recouvrer son argent auprès des nouveaux acquéreurs, les rapports se dégradent et les positions divergent de jour en jour. Sur le plan technique, FMS a perdu la totalité de son capital, révèlent nos sources.


 

Intransigeance de KFW


 

De facto, l’ensemble des actionnaires cherchent une voie de sortie honorable afin de préserver leur réputation et d’échapper à l’obligation de reconstitution des fonds propres par de nouveaux apports en capital. A la fois actionnaire et prêteur, KFW se retrouve être le dindon de la farce dans cette partie implacable de poker menteur. En dépit des rumeurs persistantes de cession de certaines filiales du groupe Micro Cred du français Jacques Attali, nous avons appris de sources autorisées que Micro Cred se dispute l’accordéon en sourdine en ce moment avec le Fonds d’investissement 2G Capital drivé par le tandem Atteib Doutoum et Sashidharan Gopalan Nair. Qui se cache derrière les appétits crescendo de Micro Cred, filiale de l’ex-groupe Planète Finance rebaptisé Positive Planète. Nos informations avancent que la structure de microfinance de Jacques Attali qui a fait de bonnes affaires au début de ses activités, mais tirant aujourd’hui la langue, vise dans un premier timing à acquérir, consolider et passer à la vitesse supérieure en cédant l’ensemble de son réseau après. Selon nos informations, l’inspection du travail et la direction générale des impôts et domaines s’apprêtent à faire une descente à FMS pour fouiller dans les placards, drivée par le duo expatrié l’Allemand Marcus Faschina de KFW et le Français Philippe Couteau, respectivement PCA et DG de FMS.

ISMAEL AIDARA
lesafriques.com

Aller en haut