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SENEGAL-ISLAM-ECONOMIE: Un spécialiste explique les instruments de la finance islamique

SENEGAL-ISLAM-ECONOMIE: Un spécialiste explique les instruments de la finance islamique

La finance islamique utilise plusieurs produits généralement rangés soit dans la catégorie des opérations commerciales soit dans des opérations de partenariat, selon le spécialiste de la question, Amadou Tidiane Bousso.

»Dans le lot des contrats de vente, figure la +mourabaha+ qui se fait sur un actif déjà disponible qu’un client souhaiterait acquérir. La banque islamique achète le produit auprès du fournisseur et le lui revend moyennant une marge qui a été convenue au départ sur une période étalée et fixée d’un commun accord », a t-il expliqué lundi à Dubaï où le Sénégal a reçu le prix du meilleur projet africain de la finance islamique.

Par exemple, a t-il ajouté, »la banque peut acheter un véhicule à 12 millions et le revendre au client à 15 millions pour des traites étalées sur cinq ans ».

»On range dans cette catégorie d’opérations commerciales le +salam+ pour l’acquisition de produits comme ceux de la récolte dont la livraison se fait à une date ultérieure et où le financement se fait intégralement au comptant. Dans ce cas la banque finance et en même temps assure la commercialisation des récoltes », a dit Amadou Tidiane Bousso.

Il a aussi cité »l’istisna » qui est »un contrat de fabrication d’un actif selon les spécifications du client et dont la livraison se fera à une date ultérieure, figure dans le lot des contrats de vente ». La banque se charge du financement de la fabrication de l’actif et le revend au client moyennant une marge qui a été convenue d’avance.

»L’ijara est le crédit-bail islamique qui pourrait être logé à la même enseigne que les produits précités si l’on considère la location comme étant la vente de l’usufruit procuré par un bien », a expliqué Amadou Tidiane Bousso.

Dans la deuxième catégorie, figurent principalement la mousharaka et la moudaraba, a expliqué le spécialiste, soulignant que la +moudaraba+ est »un partenariat entre deux parties dans lequel une (d’elles) amène du cash et l’autre monnaye son expertise ».

Selon M. Bousso, »les deux parties définissent au départ et d’un commun accord la modalité de partage des bénéfices générés par l’opération en pourcentage du profit ».

Concernant la +mousharaka+, »toutes les parties contribuent au capital soit en espèce soit en nature et acceptent de se partager les profits générés par leur activité en pourcentage du bénéfice ».

Selon Amadou Tidiane Bousso, »les pertes sont assumées au prorata des contributions respectives des uns et des autres dans le capital ».

En lançant un sukuk, le Sénégal devient,en tant qu’émetteur,le premier pays francophone au sud du Sahara, à intervenir au niveau du marché des capitaux islamiques.

Le projet du Sukuk-Sénégal a été désigné ‘’meilleur projet africain pour l’année 2015’’ par IFN Award de Redmoney, ‘’la plus prestigieuse distinction dans la finance islamique’’ .

La délégation sénégalaise à Dubaï pour la réception de cette distinction a été conduite par le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba.

Le Sénégal, qui était en compétition avec des pays comme le Ghana et l’Afrique du Sud, entre autres a été choisi par un jury composé de banquiers, de journalistes, de professeurs d’universités, de spécialistes de la finance islamique, etc., qui s’est réuni au mois de janvier 2015 à Kuala Lumpur, en Malaisie.

L’Etat du Sénégal a lancé, en juillet 2014, sa première émission de sukuk ou emprunt obligataire sur le marché de la finance islamique, d’environ 100 milliards de francs.

AMD/OID/AD
toubainfotv.com

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