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SENEGAL: Les taux de décaissement hypothèquent les résultats escomptés, selon Vera Songwe

SENEGAL: Les taux de décaissement hypothèquent les résultats escomptés, selon Vera Songwe

Les faibles taux de décaissement notés dans la mise en œuvre des projets du portefeuille de la Banque mondiale (BM) ne garantissent pas l’atteinte des résultats escomptés du partenariat liant l’institution multilatérale au gouvernement sénégalais, a soutenu, jeudi à Dakar, sa directrice des opérations, Vera Songwé.

Cette situation ne milite pas non plus pour la réussite des projets du Plan Sénégal émergent (PSE), le dernier programme de développement censé conduire le pays à l’émergence à l’horizon 2035, selon Mme Songwe.

Elle a fait ce constat à l’ouverture de la revue annuelle conjointe de la coopération entre le Sénégal cette institution, en présence du ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ.

Les ministres Mary Teuw Niane (Enseignement supérieur et Recherche) et Oumar Guèye (Pêche et Economie maritime) ainsi que les coordonnateurs des projets et l’ensemble des secteurs concernés prenaient également part à cette rencontre.

”Les engagements de la Banque mondiale pour l’année 2014 est de 240 milliards de francs CFA, mais à la date du 30 avril, le taux de décaissement est seulement à 22,7% pour la période de la revue (1er juillet 2014-30 juin 2015) qui couvre l’année fiscale de la Banque mondiale”, un taux “en-dessous de l’objectif fixé de 30% entre le gouvernement et la Banque mondiale”, a noté Vera Songwe.

Selon le directrice des opérations de la Banque mondiale, ”65% de ce portefeuille n’est pas encore décaissé”, ce qui correspond à ”un taux de décaissement assez faible qui ne permet d’atteindre les résultats escomptés ni de notre partenariat avec le gouvernement, ni pour l’atteinte du Plan Sénégal émergent (PSE)”.

”Pour que nous réussissions avec le gouvernement les projets cadrés sur le PSE il faut d’abord que les projets marchent bien avec des taux de décaissement et des résultats importants”, a-t-elle relevé.

Les engagements totaux de la Banque mondiale sont de l’ordre de 600 milliards de francs CFA suivant un portefeuille de 15 projets nationaux, 4 projets régionaux, 11 dons et deux garanties. Ils concernent les secteurs de l’éducation, de l’agriculture, des transports et d’autres projets dont la durée moyenne est de deux ans 6 mois.

Des pays comme la Côte d’Ivoire, la RDC et la Guinée Bissau “ont des taux de décaissements de 45% et même plus”, a signalé la directrice des Opérations de la Banque mondiale.

Pour Vera Songwe, “c’est possible et faisable pour le Sénégal d’atteindre ces mêmes taux pour répondre aux besoins des populations qui attendent que ces projets soient mis en œuvre rapidement”.

“La revue devra être l’occasion de poser clairement les contraintes et trouver les solutions parce qu’autant le gouvernement que la Banque mondiale ne peuvent accepter une situation qui porte préjudice aux populations bénéficiaires de notre partenariat”, a-t-elle soutenu.

Les financements de la BM au Sénégal dépendent de 20% des projets et de 80% sur les performances du gouvernement en matière de gouvernance. Le Sénégal a été “toujours très performant sur les questions de la gouvernance en étant au-dessus de la moyenne des pays africains à 3,8 de l’indicateur institutionnel”, a-t-il fait valoir.

Mais pour Vera Songwe, le taux de décaissement est l’indicateur le plus important pour augmenter les financements que la BM peut apporter au Sénégal.

Aussi les discussions devront-elles “porter sur cette question, sur les passations de marchés pour voir comment le Sénégal qui est déjà assez performant sur le côté institutionnel peut l’être également sur le côté financier avec un taux de décaissement plus relevé dans la gestion des projets”, a indiqué Mme Songwe.

ADL/OID/BK
aps.sn

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