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SFR : les trois grands défis que doit relever Altice

SFR : les trois grands défis que doit relever Altice

L’empire des télécoms et des médias de Patrick Drahi a fortement amélioré sa rentabilité, surtout grâce à de belles performances aux Etats-Unis.

Altice fait plutôt bonne figure en cette fin d’année. L’empire des télécoms et des médias de Patrick Drahi, qui publiait ses résultats trimestriels jeudi, a fortement amélioré sa rentabilité, surtout grâce à de belles performances aux Etats-Unis où le groupe s’est implanté en 2015. Mais face à lui se dresse au moins trois défis à relever pour l’année à venir.

Redresser la courbe des abonnés chez SFR

Le chiffre est assez spectaculaire : SFR a perdu plus de 2,1 millions d’abonnés depuis son rachat par Patrick Drahi le 29 novembre 2014. Certes, tout n’est pas à mettre sur le dos du tycoon des télécoms, qui a hérité d’un réseau sous-investi dont les sous-performances et le mauvais service clients ont fait fuir les abonnés. Mais en voulant augmenter les tarifs de l’opérateur dès son rachat, il a probablement commis une erreur.

Cependant, Patrick Drahi reste très confiant sur la capacité de ses équipes à redresser l’opérateur. Pour lui, la perte d’abonnés n’est qu’un problème momentané, lié à un mauvais historique et qui peut donc se rectifier. SFR a perdu beaucoup de clients l’an dernier, et pas mal cette année, mais l’opérateur table désormais sur une stabilisation l’an prochain et compte bien en regagner l’année suivante, en 2018.

Si les dirigeants de SFR sont optimistes, c’est parce qu’à la mi 2015, ils ont relancé fortement les investissements dans le réseau. Mais dans les télécoms, il faut attendre plusieurs mois, voire plusieurs années, pour que cela fasse effet. Signe que l’opérateur est déterminé : quand Altice rachète SFR, l’opérateur a 30 % de couverture 4G ; aujourd’hui, il a dépassé les 70 % et vise désormais 90 % fin 2017. Il doublerait alors ses concurrents Orange, Bouygues Telecom et Free.

Accélérer la convergence entre les télécoms et les médias

Altice a pour modèle l’opérateur BT en Angleterre. Sa spécialité ? Etre présent aussi bien dans les télécoms que les médias. Désormais, Altice achète pour 3 milliards de contenus dans le monde. C’est plus que Canal+ (1,2 milliard), son rival dans les médias en France. Altice est notamment le premier investisseur dans les séries en Israël, possède des chaînes de télévision aux Etats-Unis, la chaîne d’information internationale i24, ou encore BFMTV, « L’Express » et « Libération » en France.

Dans les médias, le groupe fait plus d’un milliard de chiffre d’affaires : environ 500 millions dans l’Hexagone, 400 millions en Israël et un peu plus de 300 millions aux Etats-Unis. Et il ne compte pas en rester là. Sa vocation naturelle, c’est de racheter un studio hollywoodien, un jour. Mais pas tout de suite : le groupe n’est pas encore suffisamment gros au pays de l’Oncle Sam.

Aujourd’hui, la principale question que se pose Patrick Drahi dans les médias, c’est : faut-il continuer à procéder à des acquisitions, ou bien développer en interne des chaînes de télévision ? A vrai dire, il fait les deux. Mais la problématique, c’est de savoir où poser le curseur entre les rachats et les développements maison. A l’heure qu’il est, le tycoon hésite, aussi étonnant que cela puisse paraître chez une homme qui prend généralement ses décisions très rapidement.

Poursuivre les acquisitions pour rivaliser avec les géants du Net

Michel Combes, le directeur général d’Altice, répète régulièrement qu’il veut concurrencer à terme les géants du numérique et devenir une alternative aux Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon). Pour cela, pas le choix : il faut grossir, et vite. Altice s’y emploie : depuis deux ans, le groupe a racheté SFR et Virgin Mobile en France, la filiale d’Orange en République Dominicaine, Portugal Telecom, ainsi que Suddenlink et Optimum (Cablevision) aux Etats-Unis. En trois ans, Altice a multiplié son chiffre d’affaires par… 7,5, passant de 3 milliards à 24 milliards cette année ! Peu de groupes peuvent se targuer d’une telle vitesse de progression. Aujourd’hui, Patrick Drahi pousse ses équipes à regarder du côté de l’Asie.

Cependant, le fort endettement du groupe (49 milliards) le pousse à freiner. Patrick Drahi a décrété, mi 2015, qu’il allait stopper les acquisitions pour un moment. Il était néanmoins prêt, avant l’été, à mettre 4 milliards sur la table pour reprendre une partie de Bouygues Telecom. Et cela ne l’a pas empêché de poursuivre les petites acquisitions. Il est par exemple en train de racheter deux de ses sous-traitants : Parilis, qui opère dans la maintenance des réseaux, et Intelcia, dans la relation clients, pour 200 millions. Il a par ailleurs décidé de mettre en vente SFR Belgium et une partie de ses journaux français.

Fabienne Schmitt

lesechos

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