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Shang Xia, l’enfant chinois d’Hermès

Shang Xia, l’enfant chinois d’Hermès

Lancé en 2010, Shang Xia développe un univers global inspiré de la civilisation chinoise et qui marie le luxe et l’artisanat. Gros plan dans « Le Parisien Economie ».

Tout est parti d’une rencontre, en 2004, entre Jiang Qiong-er, en charge de la décoration des vitrines des boutiques Hermès en Chine, et Pierre-Alexis Dumas et Patrick Thomas, respectivement directeur artistique et co-gérant du groupe ( NDLR : Patrick Thomas a cédé les rênes d’Hermès à Axel Dumas en janvier 2014 et reste président de Shang Xia). « Nous partageons le même amour de l’artisanat et des savoir-faire anciens et Shang Xia est le fruit de cet amour », résume joliment l’élégante shanghaïenne, fille d’un architecte reconnu, mariée à un Français dont elle parle parfaitement la langue. La prestigieuse maison française souhaitait décliner sa définition du luxe dans une autre culture. Jiang Qiong-er, de son côté, avait déjà créé une première boutique d’artisanat haut-de-gamme proposant des bijoux et des objets inspirés de la tradition chinoise, à côté de sa société d’aménagement intérieur. « Nous avons travaillé trois ans jusqu’au lancement en septembre 2010. Ce n’est pas un investissement commercial mais un projet construit autour de valeurs communes. » Pas question pour Jiang Qiong-er de bâtir une marque sur la réédition de « chinoiseries comme les dragons ou les pivoines ».

Ancien et nouveau temps

Son souhait est de réunir tradition et modernité. « C’est le sens du nom Shang Xia qui veut dire à la fois dessus-dessous et ancien et nouveau temps », explique la jeune femme, assise à la table à thé qu’elle a ééditée — sur liste d’attente pour un prix de 6 000 euros — et qui occupe une pièce du flagship ouvert à l’automne dernier dans le centre de Shanghai, à côté de la boutique Hermès. Tout en versant l’eau bouillante sur les feuilles d’Oolong dans des tasses en porcelaine blanche dessinées par Shang Xia, Jiang Qiong-er, détaille son travail sur les proportions et les matières. « Nous fabriquons des vêtements taillés dans une soie laquée comme un meuble. Il restait une famille capable de teindre de cette façon et nous leur achetons leur production chaque année. L’idée est d’aller puiser dans notre histoire mais en créant des surprises. » C’est le cas pour la chaise de la nouvelle collection d’inspiration Ming, mais en fibre de carbone. « Chaque objet a une valeur émotionnelle, sociale et culturelle » : une dimension à laquelle les Chinois sont sensibles puisqu’ils représentent 90% de la clientèle des trois boutiques, deux à Shanghai et une à Pékin, auxquelles s’ajoute un point de vente parisien. Shang Xia a choisi de ne pas brûler les étapes. « Nous créons pour l’avenir, c’est une philosophie », précise Jiang Qiong-er sans dévoiler le chiffre d’affaire de sa co-entreprise, qui emploie une équipe de 85 personnes. « Nous proposons un univers global d’inspiration chinoise mais notre ambition est internationale. »

Bénédicte Alaniou
leparisien.fr

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