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Shell autorisé à forer de nouveau dans l’Arctique

Shell autorisé à forer de nouveau dans l’Arctique

La compagnie pétrolière Shell a obtenu lundi le feu vert des autorités américaines pour recommencer à chercher du pétrole et du gaz dans l’océan Arctique.

Royal Dutch Shell est de nouveau autorisé à forer dans l’océan Arctique dans l’espoir d’y trouver du pétrole et du gaz. La compagnie pétrolière britanno-néerlandaise a obtenu un permis définitif, lundi, de la part du département intérieur américain, pour prospecter dans la mer des Tchouktches, au nord de l’Alaska. Face à de nombreuses difficultés imprévues, et face à la contestation d’organisations environnementales, la campagne d’exploration avait été suspendue en 2012.

Le feu vert de l’administration Obama n’a été accordé à Shell qu’une fois terminées les réparations requises sur le Fennica, l’un des deux brise-glace, loué par la compagnie, transportant des équipements de forage d’urgence. Le bateau avait subi une déchirure dans sa coque après avoir heurté des hauts-fonds non répertoriés au sud de l’Alaska. Il s’agissait d’une condition sine qua non posée par le ministère de l’Environnement américain pour reprendre le forage puisque le Fennica est équipé des systèmes nécessaires pour contenir une éventuelle marée noire.

Cet incident représente seulement l’un des nombreux contretemps dans la campagne Arctique du groupe pétrolier. Shell a du faire face à de nombreux revers et difficultés imprévues, comme la perte de contrôle d’une énorme plate-forme sur laquelle 18 ouvriers avaient dû être évacués par les gardes-côtes. De plus, les conditions particulièrement difficiles dans la mer des Tchouktches rendent difficile la prospection.

Mais derrière tout cela, il y a un réel enjeu financier. Depuis qu’il a obtenu des concessions dans la mer des Tchouktches pendant la présidence de George W. Bush, le groupe a investi quelque sept milliards de dollars, soit 6,3 milliards d’euros, dans l’exploration de l’Arctique, où l’extraction éventuelle de pétrole nécessiterait au moins dix ans de travaux. De plus, les ressources estimées de l’Arctique sont considérables. Selon l’administration américaine, cela représente près de 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz non répertoriées.

Projet très contesté par les écologistes

En plus des imprévus, Shell doit faire face à la colère des organisations de défense de l’environnement , qui arguent du caractère vulnérable spécifique de l’océan Arctique, notamment en raison du changement climatique. Fin juillet, 13 militants de Greenpeace s’étaient suspendus à un pont dans l’Oregon, bloquant temporairement le retour du Fennica vers l’océan Pacifique après ses travaux de réparation.

Le président Barack Obama « doit modifier le cap fixé il y a huit ans par l’ex-président George W. Bush en matière de forages dans l’Arctique, et non le perpétuer », a déclaré lundi Michael Brune, le président du Sierra Club, une organisation de défense de l’environnement. Le Sierra Club appelle Barack Obama à annuler les enchères prévues en 2016 et 2017 pour l’octroi de nouveaux permis pétroliers et à interdire définitivement les forages dans l’océan Arctique.

Barack Obama doit se rendre en Alaska à la fin du mois pour prononcer un discours lors d’une conférence sur l’Arctique et visiter des régions menacées par le changement climatique. Curtis Smith, un porte-parole de Shell, a déclaré que la compagnie souhaitait « évaluer ce qui pourrait devenir une ressource énergétique nationale ». La compagnie n’exclut pas d’achever le forage d’un puits dès cet été, mais elle n’a toutefois publié aucun calendrier détaillé.

Début août, la Russie a revendiqué une nouvelle fois, auprès de la Commission de l’ONU, un territoire de 1,2 million de kilomètres carrés dans l’Arctique. Ces territoires sont de plus en plus convoités, que ce soit par les Etats-Unis, la Russie, mais également par le Canada, le Danemark, ou encore, la Norvège. Car sous la glace de l’Arctique se cache un territoire extrêmement fertile en hydrocarbures.

lesechos.fr

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