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Silicon Africa: Lagos, l’ambitieuse

Silicon Africa: Lagos, l’ambitieuse

Cet été, l’Usine Digitale vous invite à un tour des Silicon valleys africaines, pour découvrir les précurseurs de l’Afrique 2.0 et les champions digitaux de demain, de l’Egypte à l’Afrique du Sud. Quatrième étape de ce voyage : la fourmillante capitale du Nigeria, peut-être la plus africaine (en termes de marché) des capitales digitales du continent.

Connue pour son industrie florissante du cinéma, Lagos fourmille également d’acteurs de l’économie digitale. La ville a dépassé Le Caire en 2012, et sa population (plus de 20 millions d’habitants) en fait à elle seule un marché suffisant pour démarrer, comme le démontrent Jobberman et Jumia.

Même si les grandes marques technologiques mondiales (Apple, Samsung, Facebook, etc) lui préfèrent l’Afrique du Sud, l’influence de Lagos est importante à l’échelle du continent. Et c’est à cette échelle que raisonnent le pays le plus peuplé d’Afrique et sa dizaine d’incubateurs et autres lieux d’innovation. Ces derniers incubent des start-up qui le plus souvent se testent sur le (grand) marché nigérian avant de conquérir peu à peu le reste du continent, à l’image de Jumia (voir ci-dessous).

Le quartier de Yaba, qui abrite plusieurs incubateurs de start-up digitales, a été surnommé “Yabacon Valley”. Et le récent rapprochement entre Passion Incubator et iDEA montre que l’écosystème se concentre pour mieux s’organiser.

“Tout le monde sait que le Nigeria est le présent et le futur du marché de la technologie africaine, alors pourquoi Facebook décide d’ouvrir à Johannesburg et pas à Lagos ?” La petite phrase de cet influenceur de la tech nigériane (rapportée par Paul Adepoju sur htxt.africa) résume bien la place que compte prendre la capitale nigériane sur le podium de l’innovation africaine.

Les précurseurs :

Jumia : souvent présenté comme l’Amazon africain, Jumia a démarré avec 3 personnes sous la forme d’un pop-up store en ligne permettant aux membres de la diaspora nigériane au Royaume-Uni d’offrir des cadeaux à leurs proches restés au pays. Aujourd’hui, Jumia livre dans 9 pays africains, de l’Algérie à l’Angola. A Lagos, elle stocke la marchandise dans des entrepôts de 90 000 m2. Jumia appartient au français AIG (3500 salariés, dont 3000 en Afrique), filiale du groupe allemand Rocket Internet (Zalando).

Jobberman est l’un des succès récents de la scène technologique nigeriane. Cette plate-forme de recherche d’emploi récemment rachetée par One Africa Media a étendu son activité au Ghana et vient de signer avec Microsoft pour développer des plateformes facilitant la recherche d’emplois au Nigeria, au Ghana, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda et en Ethiopie. Jobberman compte 1,5 million d’utilisateurs et a placé plus de 70 000 personnes.

4 champions du digital à suivre au Nigeria :

Gamesole, incubé au garage 88 mph, développe des jeux pour Windows Phone et s’approche des 10 millions de téléchargements.

IroFit se revendique comme le seul service de paiement par carte bancaire offline (ne nécessitant pas de connexion internet). Il permet d’effectuer les transactions via le réseau GSM.

DeliveryScience utilise le Cloud et les data pour suivre et sécuriser les livraisons, notamment via un code de confirmation communiqué uniquement au destinataire.

GoMyWay : ce service de covoiturage étend sa présence du Nigeria vers le Kenya, l’Afrique du Sud et le Ghana. Il est soutenu entre autres par le CcHub et par Bill Paladino (ex-Naspers et Amazon).

Myrtille Delamarche
usine-digitale.fr

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