vendredi 25 septembre 2020
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Smart cities : quand le « leapfrogging » technologique favorise l’inclusion

Smart cities : quand le « leapfrogging » technologique favorise l’inclusion

Le grand bond de développement que connaît l’Afrique laisse augurer des villes connectées ayant une forte dimension sociale et solidaire.
Comment bâtir des villes du futur qui intègrent une dimension sociale et solidaire forte, dans lesquelles tout citoyen – indépendamment de son âge, son sexe, sa condition physique ou ses revenus – trouvera son bien-être ? Comment réduire les inégalités, favoriser la prospérité partagée ? Quel apport pour le leapfrogging technologique que la planète entière reconnaît à l’Afrique ?

Alors que d’ici à vingt-cinq ans, le milieu urbain africain accueillera le double des 472 millions de personnes qui l’habitent aujourd’hui, les villes africaines vont devoir offrir, en quantité et en qualité, des services de tout type : éducation, santé, mobilité, accès à l’eau, financiarisation, sécurité, culture… Conçu pour promouvoir l’innovation dans la construction d’un meilleur cadre de vie urbaine, le Nouveau programme pour les villes des Nations unies reconnaît bien le rôle des technologies dans le développement de smart cities inclusives. Tous les pays africains membres de l’ONU y ont adhéré pour justement avancer au mieux sur les agendas 2030 et 2063 qui mettent l’accent sur l’inclusion.

Dans la même logique, l’alliance Smart Africa, initiée en 2014 par le président rwandais, Paul Kagame, place le développement des villes intelligentes au cœur de sa vision stratégique, considérant la technologie comme un vecteur d’inclusion en milieu urbain.

La santé profondément transformée
Sur le continent en tout cas, l’innovation montre la voie. Si le saut technologique africain a révolutionné la financiarisation par le mobile money et le mobile banking, introduisant les populations rurales dans le circuit financier, d’autres domaines, telle la santé, sont peu à peu révolutionnés. Au Cap-Vert, un centre de télémédecine logé à l’hôpital général de Praia permet de suivre et d’interagir avec les hôpitaux des principales villes de l’archipel. Et souvent, derrière ces projets, se cachent des startups, comme au Rwanda où Zipline a hissé le pays en modèle exemplaire grâce aux drones livreurs de sang.

L’importance du leadership municipal
Fin 2016, les États-Unis décidaient de s’en inspirer. « C’est la preuve que les pays africains n’ont pas qu’à recevoir en matière de « smart city ». Ils ont aussi à donner », estime Jérôme Chenal de l’École polytechnique de Lausanne, soulignant que le continent s’est souvent avéré précurseur dans le domaine des technologies facilitant la vie des citoyens. Et d’ajouter : «L’Afrique incarne une sorte de « reverse innovation »».

Aussi, des réflexions sont menées autour de l’intelligence artificielle, du big data ou de la blockchain, comme au Ghana où un cadastre numérique fondé sur la blockchain est expérimenté depuis 2015 pour sécuriser les opérations des acteurs agricoles (citoyens, entreprises et syndicats). De l’avis de Jonathan Woods, ex-équipementier désormais versé dans la transformation digitale, les villes africaines ont davantage besoin d’un « leadership municipal fort » pour que la technologie serve à l’inclusion sociale, d’autant qu’il y existe encore des disparités entre les pays, certains étant plus avancés. « Il y a des choix drastiques à faire en termes de priorités et la ville intelligente se construit seulement à coups de gros projets. C’est toute une philosophie, une volonté de s’améliorer constamment pour être plus efficace et surtout favoriser l’inclusion sociale à tous les niveaux ».

afrique.latribune

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