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« So chic »: l’élite de Washington retrouve « sa » Résidence de France

« So chic »: l’élite de Washington retrouve « sa » Résidence de France

Chaque année, la Résidence de France accueille 10 000 invités, conviés à ses multiples cocktails, diners et autres événements mondains huppés. En ce printemps, on peut parier que le sujet de conversation numéro un, autour du buffet de petits fours, sera le nouveau lifting que ce petit palais vient de subir.

Cela faisait deux ans que la Résidence de France à Washington (le lieu de vie et de réception de l’ambassadeur, à ne pas confondre avec l’ambassade) était en chantier. Les travaux sur Kalorama Road se sont achevés fin janvier. Le résultat ? Une magnifique demeure qui a tout du chic à la française, twisté d’une nouvelle modernité. Et qui porte la marque de son occupant, l’ambassadeur Gérard Araud, qui y emménagé en ce début d’année.

En grand amateur d’art, Gérard Araud a voulu apporter sa touche personnelle en matière de décoration aux travaux d’envergure lancés par son prédécesseur à Washington, François Delattre.

Pas seulement dans son bureau, où quelques objets rappellent sa passion pour Tintin. A son arrivée, il a fait ôter des meubles pour laisser respirer les lieux. La couleur des murs de la salle à manger a été modifiée – exit le doré et le vert sapin. De nouvelles oeuvres d’art moderne ont été installées dans la Résidence, presque toutes prêtées par le Mobilier National. Comme cette immense tapisserie inspirée du peintre américain James Brown et fabriquée à la manufacture de Beauvais.

4,5 millions de travaux

Les travaux ont coûté 4,5 millions de dollars. Le plus gros du chantier ne se voit pas. Plomberie, électricité, climatisation : tout était à refaire dans cette William Watson Lawrence House, du nom du magnat qui l’a fait construire en 1910. Le chauffage connaît d’ailleurs encore quelques ratés…

Pour installer le seul lustre dans l’escalier, il a fallu cinq personnes. Pour rénover fauteuils et commodes, des artisans sont spécialement venus de France pendant trois semaines. Des experts au savoir-faire « exceptionnel », n’hésite pas à dire Abderrahim Slassi, en charge du patrimoine immobilier de la France aux Etats-Unis.

Depuis la salle à manger, la large baie vitrée s’ouvre sur Rock Creek Park, le seul voisin de ce côté-ci de la propriété. La piscine est encore sous la neige. Et parce que le chantier à l’intérieur a englouti tout le budget, le jardin, lui, n’a pas été réhabilité.

C’est là que se déroulait, avant les travaux, « l’after party » du prestigieux dîner des correspondants à la Maison-Blanche. Une fête organisée par Bloomberg et Vanity Fair où l’on croisait des stars d’Hollywood, des présentateurs télé et des élus de Capitol Hill. Aura-t-elle de nouveau lieu ici cette année ? L’affaire n’est pas conclue.

La visite se poursuit au premier étage où se trouvent à gauche les appartements privés de l’ambassadeur et à droite les trois chambres pour les invités. La plus grande est la « ministry suite », précédée d’un « salon rouge » où peut loger par exemple l’officier de sécurité d’un ministre. Dans le sous-sol, est installée la cuisine professionnelle. Au total, une dizaine de personnes travaillent ici en permanence.

Quand Donald Rumsfeld vivait en face…

La Résidence de France n’est pas qu’un bel écrin pour servir des petits-fours. Elle est aussi un symbole, un attribut de la puissance française. Au moment de la guerre en Irak, Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense de George W. Bush, vivait juste en face et pestait contre ce drapeau français qui flottait devant ses fenêtres. Les diplomates de l’époque ont compris que la tension entre la France et les Etats-Unis était un peu retombée quand celui qui avait vilipendé la « vieille Europe » a accepté de traverser Kalorama Road pour se rendre à une soirée à la Résidence de France.

Fannie Rascle
frenchmorning.com

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