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Solocal : guerre ouverte entre la direction et le premier actionnaire

Solocal : guerre ouverte entre la direction et le premier actionnaire
Jean-Pierre Remy se fâche contre les récentes déclarations du premier actionnaire de Solocal, Benjamin Jayet. - SIPA

Jean-Pierre Remy menace d’annuler l’assemblée générale si Benjamin Jayet continue de s’opposer au plan de désendettement.

C’est une vraie guerre qui s’est engagée entre la direction de Solocal et son premier actionnaire, Benjamin Jayet. Celui-ci a déclaré cette semaine qu’il rejetait le nouveau plan de désendettement de la société, pourtant plus favorable pour les actionnaires que le premier. « Nous allons répondre à cette déclaration de guerre avec la plus grande fermeté, répond le directeur général Jean-Pierre Remy. Certains actionnaires n’ont pour but que de saboter le travail effectué depuis des années par les salariés. C’est une démarche irresponsable, qui ne respecte ni la gouvernance de l’entreprise ni le processus démocratique de l’assemblée générale. Et les revendications sont surréalistes. » Le conseil d’administration de Solocal avait en effet validé le nouveau plan à l’unanimité, alors que la candidature de Benjamin Jayet au board avait été rejetée lors de l’assemblée générale houleuse du 19 octobre dernier . Le second plan avait aussi été approuvé par trois créanciers, représentant 37 % de la dette de la société (qui doit passer de 1,16 milliard d’euros aujourd’hui à 400 millions), et l’association de petits porteurs Regroupement PPLocal, qui s’était opposée au premier plan.

Le menace du redressement judiciaire

Mais Jean-Pierre Remy va un cran plus loin. « Si Benjamin Jayet ne retire pas ses propos, l’assemblée générale prévue le 15 décembre sera annulée, annonce-t-il. Nous ne prendrons pas le risque de voir le plan de sauvetage de nouveau refusé car il y a urgence à agir. Je ne laisserai personne prendre la société en otage, d’autant que ces agissements ont déjà des conséquences : des collaborateurs partent, nous perdons du business, nos partenaires et fournisseurs s’interrogent. » La décision doit être prise au plus tard en fin de semaine prochaine, au vu des délais légaux d’annonce de l’AG. Benjamin Jayet détient aujourd’hui 7% du capital. Or, le plan doit être approuvé à la majorité des deux tiers. En extrapolant à partir du taux de participation de la dernière AG (37%), Benjamin Jayet pourrait n’avoir besoin de fédérer autour de lui que 12% des actionnaires pour s’opposer au plan. Et il semblerait que plusieurs actionnaires aient déjà rejoint ses positions.

Si l’assemblée générale était annulée, Solocal se retrouverait dans l’impasse et pourrait être placée en redressement judiciaire. « Dans ce cas, je m’opposerai à ceux qui tentent de récupérer la société à bas prix au tribunal de commerce, poursuit le directeur général de Solocal. Je quitterai mes fonctions et présenterai un plan de reprise. » Outre Benjamin Jayet, Jean-Pierre Remy cite Didier Calmels, qui se serait aussi exprimé contre le plan, et Baudouin de Pimodan.

NICOLAS RAULINE
lesechos

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