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Soulagement à Wall St, prudence en Europe, l’euro remonte

Soulagement à Wall St, prudence en Europe, l’euro remonte

Les Bourses européennes ont fini sur une note prudente lundi, pénalisées entre autres par la remontée de l’euro non loin de 1,20 dollar, tandis que Wall Street progressait grâce aux espoirs de détente sur les dossiers chauds du commerce avec la Chine et des sanctions contre l’Iran.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,02% (1,26 point) à 5.540,68 points. A Londres, le FTSE 100 a perdu 0,18%, tout comme le Dax à Francfort.

L’indice FTSEurofirst 300 a abandonné 0,06% et le Stoxx 600 0,05% mais l’EuroStoxx 50 a grappillé 0,01%.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street était en revanche clairement orientée à la hausse: le Dow Jones progressait de 0,46% et le Nasdaq Composite de 0,39%.

Les marchés américains profitent entre autres des espoirs de détente sur le dossier des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine après les déclarations de Donald Trump sur sa volonté d’aider le groupe chinois d’équipements de télécommunications ZTE, cible de sanctions de Washington, et par les informations de presse selon lesquelles la Chine a repris l’examen du projet de rachat de NXP Semiconductor par Qualcomm.

NXP et Qualcomm prennent respectivement 9,7% et 2,55% et parmi les fournisseurs américains de ZTE, Acacia Communications bondit de 9,94% et Oclaro de 6,65%.

L’indice Philadelphia des semi-conducteurs avance de 1,48%.

UN “RAMEAU D’OLIVIER” AMÉRICAIN TENDU À LA CHINE ?

“Le rameau d’olivier qui semble avoir été tendu aux dirigeants chinois à propos du groupe de télécommunications chinois ZTE semble avoir conforté, sur les marchés, l’idée que les risques menaçant une poursuite de la hausse du marché actions pourraient commencer à refluer, au moins à court terme”, commente John Stoltzfus, responsable de la stratégie d’investissement d’Oppenheimer Asset Management.

La hausse de l’euro a cependant empêché l’élan donné par Wall Street de se propager aux marchés européens: en fin de journée, la monnaie unique s’échangeait autour de 1,1975 dollar après un pic à 1,1996, plus de 1,5% au-dessus du plus bas de l’année touché la semaine dernière à 1,1821.

L’euro a notamment bénéficié des déclarations du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, sur la possibilité que la BCE entame le resserrement de sa politique monétaire “quelques trimestres” après la fin de ses achats d’actifs sur les marchés ainsi que sur le caractère momentané du ralentissement de l’inflation dans la zone euro.

Les swaps d’inflation à cinq ans dans cinq ans, baromètre des anticipations d’évolution à moyen terme des prix dans la zone euro, ont atteint un plus haut de deux mois et demi à 1,7266% après ces déclarations.

Le rendement à dix ans allemand, à 0,613% en fin de séance, a pris cinq points de base sur la journée, sa plus forte hausse en une séance depuis près d’un mois.

L’INCERTITUDE PERSISTE SUR L’ITALIE

Le rendement à dix ans italien est remonté quant à lui à 1,926%, une hausse contenue en dépit de la perspective de voir le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue former un gouvernement à Rome.

Les deux partis ont toutefois annoncé dans l’après-midi avoir demandé un délai supplémentaire pour mettre un point final à leur accord, ce qui a permis à la Bourse de Milan de terminer dans le vert (+0,26%).

Les swaps de défaut de crédit (CDS) sur la dette italienne, baromètre du risque estimé par le marché lié à la détention d’obligations émises par Rome, avaient auparavant atteint leur plus haut niveau depuis près d’un mois à 97 points de base.

La remontée des rendements européens et les propos de Loretta Mester, la présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, en faveur d’une poursuite de la remontée graduelle des taux favorisent par ailleurs la hausse des rendements des Treasuries: le rendement à dix ans américain se rapproche de nouveau de la barre des 3%.

Sur le marché pétrolier, le Brent, qui baissait en début de journée, est reparti de l’avant après la publication du rapport mensuel de l’Opep évoquant une quasi-résorption des excédents mondiaux: il a inscrit un nouveau plus haut de près de trois ans et demi à 78,28 dollars, soit une hausse de plus de 1,4%.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend quant à lui 0,43% à 71,13 dollars, ce qui favorise les valeurs de l’énergie à Wall Street, le S&P du secteur progressant de 0,88%.

LES FUSIONS-ACQUISITIONS ANIMENT TOUJOURS LA COTE EUROPÉENNE

Côté actions en Europe, la séance a été animée entre autres par l’actualité des fusions-acquisitions: le britannique IWG, spécialiste de la location de bureaux aux entreprises, a bondi de 22,82% après avoir annoncé avoir reçu trois propositions de rachat et la compagnie d’électricité portugaise EDP, première capitalisation de la Bourse de Lisbonne, a pris 9,32% après l’offre du groupe chinois China Three Gorges (CTG) sur les 77% du capital qu’il ne possède pas encore.

A la baisse, Airbus a cédé 2,38% en réaction à l’annonce du départ l’an prochain de son directeur financier, nouvelle étape du remaniement de l’équipe dirigeante, et ABN Amro a chuté de 6% après ses résultats trimestriels, qui intègrent d’importantes dépréciations.

zonebourse

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