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Sous Merkel, l’économie allemande s’est imposée comme moteur de l’Europe

Sous Merkel, l’économie allemande s’est imposée comme moteur de l’Europe

A l’aune des élections qui se tiennent dimanche dans la première puissance économique européenne, la chancelière s’appuie sur son bilan économique pour se faire réélire. Outre-Rhin, la croissance et la demande ont notamment été soutenues par l’arrivée des migrants.

Après douze ans à la tête du gouvernement, la chancelière allemande, Angela Merkel, cheffe de file de la coalition entre le parti chrétien-démocrate de la CDU et les conservateurs de la CSU, est largement donnée favorite dans les sondages des élections législatives de dimanche 24 septembre. Son bilan économique est l’un de ses points forts, même s’il est teinté de faiblesses.

Forte croissance et plein emploi

Le taux de croissance est au plus haut en 5 ans. Après 1,9% en 2016, l’économie allemande est désormais sur une orbite de croissance de 2% l’an, selon les données de l’OCDE.

Par ailleurs, le chômage est au plus bas, le pays comptait moins de 2,5 millions de chômeurs en mai dernier, une première depuis 1990. Le taux de chômage a ainsi atteint le niveau historique de 5,6% en Allemagne, selon l’Agence pour l’emploi. Et, selon la définition harmonisée du taux de chômage d’Eurostat*, ce taux s’élevait en avril à 3,9 %, ce qui fait de l’Allemagne le leader européen. Outre Rhin, le taux de chômage a ainsi été divisé par trois en douze ans.

Selon les prévisions de l’OCDE, ce taux devrait tomber à 3,8% en 2017 et 3,7% l’année suivante, des niveaux qui correspondent au plein-emploi.

L’effet positif de l’arrivée des réfugiés

Selon l’institut fédéral de statistiques Destatis, l’accueil de plus d’1,1 million de migrants en 2015 et 2016 sur le sol allemand a dopé la croissance de l’économie. L’Etat a ainsi dépensé vingt milliards d’euros en 2016. Les dépenses publiques ont bondi de 4,2 %. Du jamais vu depuis la réunification du pays. En 2016, la consommation des ménages a augmenté de plus de 2%. La construction de logements neufs a bondi de 4,3 %, quand les investissements ont augmenté de 2,5 % l’an dernier.

Cité dans un article du Monde, daté du 13 janvier, Marcel Fratzscher, président de l’Institut économique de Berlin, estime à 0,3 % l’impact des réfugiés sur la croissance en 2016. A long terme «leur intégration pourrait augmenter la croissance de 0,7 %».

• Demande intérieure soutenue

Dopée par la consommation des ménages, les dépenses publiques et les investissements des entreprises, la demande intérieure reste forte en 2017. Selon les chiffres de Destatis, au deuxième trimestre, les dépenses des ménages ont progressé de 0,8% par rapport au premier trimestre et celles de l’Etat de 0,6%, tandis que les investissements ont bondi de 2%, notamment dans la construction et l’équipement.

Excédent commercial et faible dette

L’Allemagne affiche un excédent annuel de ses finances publiques équivalent à 0,7% de son PIB et un surplus de ses comptes extérieurs de 7,5% du PIB en 2017, selon Eurostat. Par ailleurs, les exportations allemandes de biens et services s’établissent à 1415 milliards. Des chiffres qui n’ont cessé de s’améliorer sous le règne d’Angela Merkel. La première puissance européenne affiche en effet des excédents budgétaires qui sont en hausse constante depuis 2013. Entre 2005 et 2017, l’excédent de la balance commerciale a augmenté de 64%. Quant à la dette, elle est, en 2017, équivalente à son niveau de 2005, toujours selon les données d’Eurostat.

Mais une précarité de la population

Depuis l’arrivée d’Angela Merkel au pouvoir en 2005, le pourcentage de la population sous le seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian, a plus que doublé en dix ans, selon des données d’Eurostat. Le nombre de travailleurs pauvres a également doublé depuis 2005. De fait, le plein emploi en Allemagne a été atteint via une recrudescence des «mini-jobs». Autour des 2,5 millions de chômeurs officiels, gravitent ainsi 1 million de personnes en situation de sous-emploi et dont beaucoup sont des travailleurs pauvres qui ne figurent pas au rang des chômeurs.
Quant aux nombre de retraités pauvres, ils sont 30% plus nombreux qu’il y a dix ans, toujours selon Eurostat.

Des collectivités endettées

C’est l’un des autres paradoxes allemands: une commune sur six est en crise budgétaire. Entre les routes, les écoles, les bâtiments administratifs et les équipements sportifs, les villes doivent aujourd’hui assurer 80 % des investissements publics en Allemagne, selon l’institut allemand de recherche économique DIW. Bénéficiant d’une économie florissante et du plein-emploi, la Bavière et le Bade-Wurtemberg sont épargnés par le phénomène. L’ancienne Allemagne de l’Est également, grâce au système de solidarité financière instauré après la réunification.

«Les Länder les plus touchés sont la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, détaille au Figaro Friederike-Sophie Niemann, qui a codirigé l’enquête de la Fondation Bertelsmann. Dans ces régions, de nombreuses communes n’arrivent pas à remplir leurs caisses, en grande partie car les recettes fiscales sont trop faibles en raison du chômage et de la pauvreté qui y persistent.»

lefigaro

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