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South African déleste Dakar au profit d’Abidjan

South African déleste Dakar au profit d’Abidjan

La décision de la réduction du nombre de vol de 28 par semaine à 4 au départ de Dakar par South African Airways au mois de mars prochain, n’est rien d’autre qu’une politique de l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Abidjan et Washington, au détriment de Dakar. Et comme les Etats-Unis ont mis l’aéroport d’Abidjan sur leur liste noire, l’une des premières compagnies aériennes d’Afrique, South African, veut utiliser son label pour obtenir la levée de la décision américaine.

Depuis la fin de la guerre née de la crise post-électorale de 2010 en Côte d’Ivoire, Abidjan cherche à se refaire une place aux yeux de la communauté internationale. Et en multipliant les gages de sécurité, elle a réussi à faire revenir le siège de la Banque africaine de développement (Bad) à Abidjan après 11 ans de délocalisation à Tunis. Sur cette même lancée, elle continue ses opérations de charme pour attirer le maximum d’hommes d’affaires, d’organisations internationales…, de compagnies aériennes à sa rivale de tous les jours, Dakar. Une capitale qui a beaucoup bénéficié de la crise ivoirienne en accueillant plusieurs institutions financières et d’organismes internationaux au détriment de la Côte d’Ivoire. Et la réduction du nombre de vols de la compagnie aérienne South African Airways décidée par le Conseil d’administration de la compagnie aérienne de réduire ses vols au départ de Dakar fait partie de cette politique de positionnement. L’aéroport d’Abidjan n’étant pas certifié par les Etats-Unis, il n’existe pas de vol direct entre Abidjan et les villes américaines comme New York ou Washington. Du coup, les passagers sont obligés de passer par Dakar pour rallier New York à bord de South African. Une escale qui sera bientôt un mauvais souvenir pour les Ivoiriens.

Les Ghanéens et les Capverdiens pleuraient à cause de Dakar. Pour un bref rappel historique, la compagnie aérienne sud-africaine créée en 1934 avait un problème de décollage sur le continent africain à cause de la politique de l’Apartheid. Et à l’époque, les autorités de la politique de l’Apartheid avaient construit un aéroport sur l’archipel du Cap-Vert pour desservir New York. Et c’est dans les années 90, avec la fin de l’Apartheid, qu’elles (les autorités) ont été attirées par le Sénégal qui avait pris le dessus dans le ciel africain avec la Compagnie aérienne Air Sénégal international (Asi). Du coup, South African a quitté le Cap-Vert avant de réduire ses vols au départ d’Accra au profit de Dakar. «Maintenant, Dakar n’a plus cette plateforme à cause de l’absence d’une flotte. Mieux, South African cherche des profits, elle traverse une crise. Par conséquent, elle a pris la décision de fermer des lignes qui ne sont plus rentables (Inde, Chine) et de réduire certaines fréquences, comme Dakar», expliquent des sources proches de South African. Abidjan n’est pas certifiée par les Américains, South African va, pour le moment, délocaliser certains vols à Accra en attendant d’ouvrir une ligne Abidjan-Washington en raison de la présence d’une clientèle de la Bad», précisent les mêmes sources.

Claude Sebré est juste un exécutant. Le Directeur général de South African à Dakar, l’Ivoirien Claude Sebré, était perçu comme l’instigateur de cette mesure. Parce qu’il a été reçu récemment par le ministre ivoirien en charge des Transports, en compagnie de Sylvain Bosc (ex-Directeur général adjoint de Corsair) et actuel Directeur général des affaires commerciales de South African. «Claude Sebré n’a rien à voir dans cette décision. Il n’a fait que transmettre la mesure décidée par le Conseil d’administration de South African», fait savoir une source proche du Conseil d’administration de la compagnie sud-africaine.

Mais, du côté de Dakar, on parle d’une politique de concurrence déloyale. Et des sources aéroportuaires renseignent que les Américains ne s’opposeront pas à une demande d’autorisation de South African au départ d’Abidjan pour Washington. Et la démarche entreprise par les membres du Conseil d’administration de South African a été décriée dans le milieu aéronautique. «Est-ce que le Directeur général d’Air France à Dakar ose informer les autorités sénégalaises d’une mesure de suspension des vols de la compagnie française, sans passer par son Ambassadeur», s’interrogent des sources aéronautiques. Et de poursuivre : «La lettre du Conseil d’administration peut créer un incident diplomatique entre les deux pays, même s’il n’y a pas encore de réaction officielle.» Toutefois, le ministre Abdoulaye Diouf Sarr en charge des Transports aériens sénégalais, qui a reçu le courrier du Conseil d’administration via Claude Sebré, n’a pas encore réagi.

L’Obs
Mis en ligne par senereporter
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