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S&P envisage d’abaisser la note de la Chine

S&P envisage d’abaisser la note de la Chine

L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a dégradé jeudi, à «négative», contre «stable» auparavant, la perspective d’évolution de sa note attribuée à la dette souveraine de la Chine, en raison du rééquilibrage «plus lent qu’attendu» du modèle économique du pays.

Cette décision signifie que S&P pourrait dans un délai de six à 24 mois abaisser la note de long terme de la deuxième économie mondiale, maintenue pour l’instant à «AA-».

«Cette révision reflète notre anticipation d’une intensification des risques financiers et économiques» émoussant la solidité budgétaire du géant asiatique, a expliqué l’agence dans un communiqué.

«Nous croyons que, sur les cinq prochaines années, la Chine n’enregistrera que des progrès limités dans le rééquilibrage de son économie et ses efforts de désendettement», a-t-elle poursuivi.

Pékin vante sa stratégie de rééquilibrage de son économie vers les services et la consommation intérieure, au détriment de l’industrie lourde, un secteur plombé par de colossales surcapacités de production, un fonctionnement obsolète et un endettement massif.

Certes, S&P s’attend à ce que la croissance du PIB chinois se maintienne au-dessus de 6% par an: pour autant, «les ratios d’endettement du gouvernement et des entreprises vont probablement s’alourdir, avec un taux d’investissement bien au-delà du niveau soutenable de 30 à 35% du PIB», précise-t-elle.

Pékin s’est officiellement fixé un objectif de croissance d’au moins 6,5% par an d’ici à 2020, et pourrait être tenté de s’endetter de façon excessive pour y parvenir, s’alarme S&P.

Cela rendrait le pays plus vulnérable aux chocs et aux crises, tout en limitant ses marges de manoeuvre en termes de politique économique, a estimé l’agence.

Sa rivale Moody’s avait déjà dégradé début mars sa perspective sur les obligations d’Etat chinoises, en s’alarmant également de la dette croissante du gouvernement et des fuites de capitaux, tout en s’interrogeant sur les capacités de Pékin à mettre en oeuvre les réformes économiques attendues.

Chez Standard & Poor’s, le constat est similaire: en dépit des promesses du gouvernement, la vitesse et la profondeur des réformes visant à restructurer les grandes entreprises publiques, qui dominent l’industrie lourde et le secteur minier, restent «insuffisantes à enrayer les dangers d’une croissance dopée au crédit».

Déjà, en janvier, les agences de notation avaient sonné l’alarme sur l’envolée des créances douteuses dans le bilan des banques chinoises, c’est-à-dire des prêts menacés de non-remboursement en plein assombrissement de la conjoncture.

Leur ratio de créances douteuses pourrait ainsi grimper à 3% d’ici la fin 2016, contre une estimation de 2,2% fin 2015 et seulement 1,7% une année auparavant, avait alors estimé S&P.

La dette globale du pays – gouvernement et entreprises compris – approche les 250% du PIB, selon une estimation récente de l’agence Bloomberg.

afp/20minutes.fr

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