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Standard Chartered change de patron pour rebondir

Standard Chartered change de patron pour rebondir

Bill Winters va succéder à Peter Sands, qui dirigeait StanChart depuis 2006.La banque britannique souffre du ralentissement dans les pays émergents.

Standard Chartered a fini par céder à la pression de ses grands actionnaires. En difficulté sur les marchés émergents, qui représentent l’essentiel de son activité, la banque britannique a annoncé jeudi le départ prochain de son directeur général Peter Sands, 53 ans. Il sera remplacé en juin par l’américain Bill Winters, 53 ans lui aussi, un ancien dirigeant de la banque d’investissement de JP Morgan.

Le renouvellement ne s’arrête pas là. John Peace, le président, quittera également son poste en 2016. Le patron de l’Asie, premier marché de Standard Chartered, est lui aussi remercié après 16 ans de carrière dans l’établissement. Et trois autres administrateurs quitteront le conseil. Le fonds singapourien Temasek Holdings, premier actionnaire de Standard Chartered, a salué ces efforts pour « renouveler et revitaliser le conseil d’administration » et s’est félicité de l’arrivée de Bill Winters. Les analystes du Crédit Suisse ont eux aussi applaudi « un renouvellement de leadership majeur » qui annonce selon eux un « changement de stratégie plus important à moyen terme ».

Peter Sands faisait figure de survivant

Attaqué par les grands actionnaires de Standard Chartered, Peter Sands faisait figure de survivant, la plupart des grandes banques européennes et américaines ayant changé de patron depuis le début de la crise financière en 2008. Grâce à son modèle original, centré sur l’Afrique, le Moyen-Orient et surtout l’Asie, le groupe bancaire avait traversé la tempête sans trop de difficultés dans un premier temps. Alors que les établissements bancaires occidentaux alignaient les pertes, le groupe britannique continuait à faire progresser ses revenus, ses bénéfices et ses effectifs. Sous la direction de Peter Sands, les actifs de la banque sont passés de 266 milliards de dollars à 690 milliards, selon Bloomberg.

«Ces dernières années ont été un peu plus dures », a reconnu jeudi Peter Sands lors d’une conférence téléphonique. En bon Britannique, le patron de StanChart manie l’art de l’euphémisme. Depuis deux ans, la banque accumule les revers et ses profits reculent, mettant fin à dix années de croissance ininterrompue. En un an, la direction a émis trois avertissements sur ses bénéfices, systématiquement inférieurs aux attentes de la communauté financière. Le cours de Bourse a chuté de près de moitié par rapport au pic atteint en mars 2013.

La banque souffre du ralentissement de l’économie en Asie et du retournement du marché des matières premières, un secteur dans lequel il est très présent. La filiale coréenne est dans le rouge. Pour ne rien arranger, Standard Chartered a dû régler une amende de près de 700 millions de dollars aux Etats-Unis pour avoir violé les sanctions américaines envers l’Iran, la Libye ou la Birmanie.

Augmentation de capital en vue

Peter Sands a bien tenté de reprendre la main. Le mois dernier, il a annoncé un plan d’économies de 400 millions de dollars qui se traduira par 4.000 suppressions de postes et des fermetures d’agences. Mais cela n’a pas suffi à convaincre les actionnaires.

Comment Bill Winters compte-t-il procéder pour remettre Standard Chartered sur le droit chemin ? Peter Sands et John Peace n’en ont donné aucune indication. Ce sera au nouveau patron de l’annoncer. Alors que le groupe publie ses résultats pour 2014 mercredi prochain, les investisseurs s’inquiètent. Le Crédit Suisse estime que la banque pourrait être forcée de lever jusqu’à 11 milliards de dollars de capital pour couvrir ses pertes dans les matières premières et renforcer son bilan. Cette perspective pèse sur le cours de Bourse.

Vincent Collen
Correspondant à Londres
lesechos.fr

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